NKVROTOMIE POUR LES TUMEURS DES NERFS
iliire. peu mobile, recouverte par une peau non altérée ni adhérente.
« La pression provoque une douleur vive, mais pas de contraction musculaire.
« Voillemier l'extirpe le 31 août 1862. Arrivé sur la tumeur, il reconnaît qu'elle adhère au sciatique sur une longueur de trois à quatre centimètres. — Il sectionne ce pédicule et la tumeur est extirpée.
«A part un peu d'engourdissement, les suites de l'opération ne présentent rien de particulier ; à sa sortie , vingt-six jours après , le malade ressent encore quelques fourmillements dans le membre, mais plus d'élancements, et la pression ne détermine pas d'aussi vives douleurs. »
Observation XIV. — Résection du sciatique (Legrand).
« Un homme porte un névrôme du sciatique, avec douleur suivant ce nerf. Cautérisé sept fois , il reste amélioré cinq mois. Puis on l'enlève au bistouri.
« La guérison se maintient au bout de trois ans. »
Observation XV. — Roux (cité par Velpeau), extirpe une tumeur du sciatique.
Il y eut récidive et mort.
Ainsi, l'extirpation avec résection du nerf a été pratiquée dix-huit fois : quatorze fois avec succès. Les nerfs névrotomisés sont :
Le musculo-cutané, deux fois, un cas de Velpeau, un de Savori (deux succès).
Le médian, quatre fois, par Lenoir, Alexander (deux succès), puis Arronshon, Bonnet de Lyon (deux morts).
Le saphène, une fois par Bryant (succès).
Le tibial postérieur, trois fois, Liston, Gay, Schort (succès).
Des nerfs de la jambe, quatre fois par Gherini (succès). Du sciatique, trois fois, MM. Legrand, Voillemier (succès) ; Houx (mort).
La guérison, à la suite de cette opération, a été durable.
Cependant la récidive est possible, le fait de Roux en est un exemple.
Dans quelques faits, des complications se sont manifestées : Velpeau a eu un érysipèle ; Gay, une hémorrhagie grave. Malgré cela les malades ont guéri.
Dans les cas de mort, on trouve, dans la grandeur du mal ou dans sa nature, l'explication de la terminaison fatale.
Arronshon opère une malade profondément épuisée de douleurs et d'insomnie ; la tumeur qu'il extirpe est énorme: la plaie qui en résulte considérable.
Bonnet extirpe trois névrômes échelonnés sur le médian, au bras, ce qui donne lieu à une plaie très-grande, à une suppuration prolongée, à la résorption purulente.
Huguier enlevé une énorme tumeur, la plaie donne beaucoup de sang, nécessite de nombreuses ligatures ; la gangrène en est la conséquence.
Enfin, Roux eut à combattre un névrôme cancéreux du sciatique : comme tout cancer, il récidiva et emporta le malade .
Dans ces quatre faits, il s'agissait d'opérations qui tirent leur gravité, non du siège nerveux de la tumeur, mais de son énorme volume ou de sa nature maligne. Lanévrotomie ne saurait ici être accusée comme la cause de cette malheureuse terminaison.
On tient peu de compte, dans les faits précédents, des phénomènes physiologiques consécutifs aux opérations ; aussi la question de la paralysie qui devait en résulter était-elle restée dans l'obscurité. Cette condition explique, sans doute, pourquoi la crainte de cette complication paralytique a quelquefois arrêté la main de l'opérateur : dans un fait, rapporté par Leboucq (thèse de Paris, ISfô), on voit M. Ghassaignac aux prises avec un névrôme du médian, mettre la tumeur à découvert, l'isoler, et, reconnais-