X CONDILLAC
Il a donc pris d'un côté la perception, et il a montré comment et dans quel ordre cette première opération produit toutes celles dont nous pouvons acquérir l'exercice; de l'autre, le langage d'action, et il a montré comment il produit tous les arts propres à exprimer nos pensées, l'art des gestes, la danse, la parole, la déclamation, l'art de noter, celui des pantomimes, la musique, la poésie, l'éloquence, l'écriture et les diflërents caractères des langues. Il a indiqué enfin les moyens d'éviter l'erreur et fait connaître l'ordre qu'on doit suivre pour faire des découvertes ou les transmettre. Il a emprunté à Locke, qui l'avait démontré, le principe que toutes nos connaissances viennent des sens; comme lui il a fait jouer un rôle à la réflexion dans l'acquisition des idées; mais il a insisté sur la génération des opérations de l'âme que Locke avait trop peu approfondie; il a fait, du langage et surtout de la liaison des idées, un usage beaucoup plus considérable pour expliquer l'acquisition de nos idées.
En 1749, un an après VEsprit des Lois, la même année que la Lettre sur les aveugles et les premiers volumes de VHistoire naturelle, parut le Traité des Systèmes, 2 parties en 1 vol. in-12. «En plus d'un endroit, a-t-on dit, l'ironie mordante et la verve satirique nous font reconnaître un contemporain de Voltaire*. » Gondillac distingue trois sortes de systèmes : ceux qui reposent sur des maximes générales ou abstraites, ceux qui reposent sur des suppositions, enfin ceux qui reposent sur des faits bien constatés. Les systèmes abstraits sont