L'ESSAI SUR L'ORIGINE DES CONNAISSANCES IX
VOrigine des connaissances humaines qui est son premier ouvrage. Quand il fut achevé, l'embarras fut de trouver un libraire qui voulût s'en charger. Les libraires de Paris sont arrogants et durs pour tout homme qui commence, et la métaphysique, alors très peu à la mode, n'offrait pas un sujet bien attrayant. Je parlai à Diderot de Condillac et de son ouvrage, je leur fis faire connaissance. Ils étaient faits pour se convenir, ils se convinrent. Diderot engagea le libraire Durand à prendre le manuscrit de l'abbé, et ce grand métaphysicien eut, de son premier livre et presque par grâce, cent écus qu'il n'aurait peut-être pas trouvés sans moi. Comme nous demeurions dans des quartiers fort éloignés les uns des autres, nous nous rassemblions tous trois une fois par semaine au Palais-Royal et nous allions dîner ensemble à l'hôtel du Panier Fleuri. »
Ce livre , dit M. Cousin, est peut-être le meilleur ouvrage de Condillac. C'est un véritable traité de psychologie'. Son dessein, dit-il, est de ramener à un seul / principe tout ce qui concerne l'entendement humain. «/ Ce principe, c'est la liaison des idées soit avec les signes, soit entre elles. Pour le développer, Condillac a suivi les opérations de l'.lme dans tous leurs progrès; il a cherché comment nous avons contraclé l'habitude des signes de toute espèce et quel usage nous en devons faire.
1. Premiers essais, 2" édiliou, p. 162. La l" édilion de l'Essai sur l'Origine, imprimée en 1746, portait comme sous-titre : Ouvrage oit l'on réduit à un seul principe tout ce qui concerne l'entendement Immain; et comme indication du lieu d'impression, Amsterdam, chez P. Mortier. On sait d'ailleurs que bon nombre d'ouvrages édités alors à Paris portaient l'iodication d'Amsterdam ou de Londres.