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LA MÉTAPHYSIQUE CXXV

De là trois sortes de divinités dans le polythéisme ancien : les premières habitaient les cieux; les secondes n'étaient que des idées allégoriques qui, ayant servi à expliquer de mauvais systèmes de cosmogonie, furent prises pour les dieux qui avaient formé le monde; les dernières étaient des hommes que l'ignorance confondit avec les dieux.

Jamais les hommes qui s'arrêtèrent à cette notion grossière ne mirent en doute la puissance, l'intelligence et la liberté de leurs dieux : le polythéisme prouve donc combien nous sommes tous convaincus de notre dépendance. Mais il faut aller plus loin : nous ne dépendons pas uniquement des objets qui agissent immmédiatement sur nous ; car, à leur tour, ils obéissent à l'action de tout ce qui les environne : l'air est nuisible par suite des exhalaisons qu'il reçoit de la terre, ces exhalaisons sont produites par l'action du soleil ; mais quelle cause a fait du soleil un corps tout en feu? Cette cause en reconnait-elle une autre? Remonterons -nous ainsi à l'infini sans admettre une cause première? Ce serait admettre une infinité d'effets sans cause et tomber dans une contradiction évidente ' .

L'idée d'un premier principe n'est donc pas du nombre

premier et second volumes de YHistoire ancienne. Sur les opinious des anciens à propos de l'origine des dieux populaires, cf. notre édition du de Nalura Deorum, liv. 11 (F. Alcan.)

Laura Bridgmanu, par l'habitude de raisonner de l'effet à la cause, avait ét6 amenée à croire occasionnellement à un ou à dos êtres mystérieux qui pouvaient la toucher en quelque chose. {Reçue ph., loc. cit.)

1. C'est l'argument employé déjà par Aristote : 11 est nécessaire de s'arrêter dans la série des causes. Voyez saint Thomas, Somme de théologie, I, question n.

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