CXXVIII CONDILLAC
En second lieu, la liberté de Dieu suppose comme la nôtre connaissance, détermination de la volonté et pouvoir d'agir; mais elle en dilTère en ce qu'elle exclut toute délibération. Or nous trouvons dans les attributs de puissance, d'indépendance et d'intelligence que nous avons reconnus à Dieu, tout ce qui constitue la liberté ainsi entendue. En outre, les créatures sont limitées; par suite elles changent, durent, commencent et finis-sent. Mais la succession n'est pas nécessairement la môme dans toutes, la durée de l'une ne répond pas nécessairement, instants pour instants, à la durée de l'autre. Dieu peut changer la succession des modes de chaque substance : il est donc 'libre de faire naître ou mourir plus tôt ou plus tard les créatures; en même temps il reste immuable, parce que, étant éternel et non soumis à la durée*, il fait tout cela dans un instant qui coexiste à toute la durée des créatures.
De l'intelligence et de la liberté divines naissent sa bonté, sa justice et sa miséricorde, en un mot sa Providence qui pourvoit atout'. Et comme nous ne concevons pas qu'on puisse rien ajouter à chacun de ces attributs; que son intelligence, par exemple, puisse s'étendre à de nouvelles idées, nous disons que chacun d'eux est infini'.
Enfin plusieurs principes premiers ne pourraient con-
1. Traité des animaux, loc. cit.; Art de penser, 152; Traité des Sensations, I, c iv; Grammaire, loc. cit. ; Logique, 192, Eclaircissement& que m'a demaDdés JI. Poté de la Doctrine, prolesseiir à Périgueux.