LA MÉTAPHYSIQUE CXXIX
coiiiir à un même ouvrage : il n'y a donc qu'un premier principe'.
En résumé, une cause première, indépendante, unique, iminense, éternelle, toute-puissante, immuable, intelligente, libre, et dont la providence s'étend à tout : voilà la notion la plus parfaite que nous puissions, dans cette vie, nous former de Dieu*. Si l'on appelle athées, non tous ceux qui retranchent de la notion de Dieu une seule de ces idées ^, mais uniquement ceux qui nient la puissance, l'intelligence, la liberté, en un mot, la Providence, on ne pourra croire qu'il y ait des peuples athées '. Ce qui, en effet, distingue l'homme de l'animal, c'est que seul il est capable de discerner le vrai, de sentir le beau, de créer les arts et les sciences, de s'élever jusqu'à la divinité pour l'adorer et lui rendre grâces des biens qu'il en a reçus ^
Par conséquent, la première obligation des hommes» qui doivent à l'auteur de la nature leurs besoins et leurs facultés, est d'adorer la divinité et d'obéir à la loi nalulelle que Dieu a écrite en nous lorsqu'il nous a formés ^.
Gondillac, comme on le voit, sépare nettement la théologie naturelle de la théologie révélée : il recommande aux philosophes de se borner à ce que l'expérience apprend ; aux théologiens de se limiter à ce que la foi