LE TRAITÉ DES SYSTÈMES XIII
emprunts pour la question de la formation des langues. L'abbé de Prades, dont la thèse ', après avoir été reçue en Sorbonne à l'unanimité, souleva tant d'orages, interprète la Bible en tenant compte de VEssai sur f Origine des connaissances humaines. Dams son Apologie, il dit que ce dernier livre est entre les mains de tout le monde, et un de ses adversaires, l'abbé Gourdin, qui voit dans la théorie selon laquelle toutes nos idées et nos connaissances viennent de nos sensations, une doctrine irréligieuse et matérialiste par ses tendances, ne fait que déplorer ce fait sans le contester. D'Alembert, dans le Discours préliminaire de V Encyclopédie, publié avant la thèse de l'abbé de Prades, fait de fréquents emprunts à Gondillac sans le citer, et il le présente comme un des meilleurs philosophes français, comme celui qui semble avoir porté le dernier coup au goût des systèmes. Enfin en 1752, Gondillac est nommé en même temps que Fontenelle membre de l'Académie Royale de Berlin.
Gondillac n'a pas collaboré à V Encyclopédie, quoiqu'il y soit fréquemment cité et môme copié par Diderot. Il semble que Diderot, avec qui il était en relations avant 174G, aitdîi cependant essayer de s'attacher un collaborateur pour lequel d'Alembert et lui avaient une très grande estime. Gondillac a-t-il refusé de s'associer aune œuvre qui devait, selon lui, combattre non seulement la superstition qu'il condamnait, mais encore la religion Chrétienne pour laquelle il a toujours témoigné le plus grand respect ? Gela est possible, mais nous n'avons
1. Sur la thèse de l'abbé de Prades, voyez les articles de M. Fr. Bouillier, Revue politique et littéraire, 11 octobre 1884, et de M. Gazier, Bévue critique, 1885.