‹ Traité des sensations, première partieChapitre 130 sur 190 · AVIS IMPORTANT AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS IMPORTANT AU LECTEUR

sens et toute notre expérience, et nous ne jugerons comme elle que quand nous nous supposerons privés de tout ce qui lui manque. Je crois que les lecteurs qui se mettront exactement à sa place, n'auront pas de peine à entendre cet ouvrage ; les autres m'opposeront des difficultés sans nombre.

On ne comprend point encore ce que c'est que la statue que je me propose d'observer, et cet avertissement paraîtra sans doute déplacé ; mais ce sera une raison de plus pour le remarquer et pour s'en souvenir*.

1. Oq lisait dans la !'« édilioo ce qui suit : « Si je n'ai rien dit de la division de ce traité, c'est parce que cette précaution m'a paru superflue. Un coup d'œil sur la table, qui est à la fin du tome II, fera connaître le plan que j'ai suivi. >•

Condillac changea plus tard d'avis et substitua à cet alinéa un assez long Exb'ait raisonné du Traité des Sensations que nous avons reproduit intégralement, parce qu'il fait couoaitre suffisamment l'ensemble de l'ouvrage.

DU

Le principal objet, de cet ouvrage est de faire voir comment toutes nos connaissances et toutes nos facultés viennent des sens, ou, pour parler plus exactement, des sensations : car, dans le vrai, les sens ne sont que cause occasionnelle*. Ils ne sentent pas, c'est l'àme seule qui

1. Malebranche a rendu célèbre la théorie des causes occasionnelles: « Dieu, dit-il, est la seule cause véritable; il no peut même communiquer sa puissance aux créatures; il n'en peut faire de véritables causes. Le mouvement qui, par l'intermédiaire des organes, se transmet au cerveau n'est pas la cause de la pensée qui se produit en nous; il n'est qu'une occasion pour Dieu de la produire. De même notre volonté n'est pas la caiise du mouvement de nos organes; elle fournit à DiauVoccasion de mouvoir les organes. » Condillac ne semble pas avoir admis cette théorie dans son ensemble; il ne fait pas de Dieu la seule cause véritable; il veut simplement dire que les sens ne sentent pas, mais que l'ûme, modifiée par les impressions, sent ce qui se produit en elle. Les sens sont l'occasion, l'Ame est la cause véritable qui, à l'occasion de ces impressions subies par les organes, éprouve des sensations. Cette théorie revient fréquemment dans Condillac qui veut étudier l'âme après le péché, non telle qu'elle était auparavant ou telle qu'elle sera dans un autre monde. Voyez Introduction.

sent a l'occasion des organes; et c'est des sensations qui la modifient qu'elle tire toutes ses connaissances et toutes ses facultés.

Celte recherche peut infiniment contribuer aux progrès de l'art de raisonner; elle le peut seule développer jusque dans ses premiers principes. En effet, nous ne découvrirons pas une manière sûre de conduire constamment nos pensées, si nous ne savons pas comment elles se sont formées '. Qu'attend-on de ces philosophes qui ont continuellement recours à un instinct qu'ils ne sauraient définir? se flattera-t-on de tarir la source de nos erreurs, tant que notre àme agira aussi mystérieusement? Il fimt donc nous observer dès les premières sensations que nous éprouvons; il faut démêler la raison de nos premières opérations, remonter à l'origine de nos idées, en développer la génération, les suivre jusqu'aux limites que la nature nous a prescrites : en un mot, il faut, comme le dit Bacon ', renouveler tout l'entendement humain.

Mais, objecteia-t-on, tout est dit quand on a répété

1. La nature dirige, et dirige bien les premières opérations de notre àme : il suffit de la prendre pour guide si l'on veut rencontrer la vérité. La psychologie bien faite nous fournit une logique aussi parfaite que possible. Voyez Introduction.

2, Frauçois liacon (1d61-1G26), baron de Verulam, chancelier et vicomte de Saint-Albans, fut condamné pour concussion par le Parlement. Il fut le théoricien de la méthode expérimentale que pratiquèrent Galilée, Harvey, Sydenham, Boyle, etc. Ses ouvrages sont le De dignitate et aurjmentis scientiarum, le Novuyn organum et les Essais. Bacon devint célèbre en France après la publication du Discours préliminaire de l' Encyclopédie par d'Alembert. Liebig a nié de nos jours l'influence scientifique de Bacon, et on reconnaît généralement aujourThui qu'il a été Yéclio plutôt que l'initiateur du mouvement scientifique moderne. Gondillac ne le lut qu'assez tard (Voyez Introduction). Destutt de Tracy a donné un sommaire raisonné (vol. IV) de ïinstaiiratio magna^ ou grande rénovation que Bacon avait entreprise et dont le de Aurjmentis et le Novum organum formaient les deux premières parties. Voyez le livre de M. de Rémusat sur Bacon.

d'après Aristote que nos connaissances viennent des sens ' . Il n'est point d'homme d'esprit qui ne soit capable de faire ce développement que vous croyez si nécessaire, et rien n'est si inutile que de s'appesantir avec Locke sur ces détails. Aristote montre bien plus de génie, lorsqu'il se contente de renfermer tout le système de nos connaissances dans une maxime générale.

Aristote, j'en conviens, était un des plus grands génies de l'antiquité', et ceux qui font cette objection, ont sans doute beaucoup d'esprit. Mais pour se convaincre combien les reproches qu'ils font à Locke sont peu fondés, et combien il leur serait utile d'étudier ce philosophe au lieu de le critiquer, il suffit de les entendre raisonner, ou de lire leurs ouvrages, s'ils ont écrit .?ur des matières

philosophiques.

1. Toute l'école de Condillac voit dans Aristote sinon l'auteur, i

du moins l'inspirateur de la formule célèbre : niftil est in intelleclu quod non prias fuevit in sensu (Coudillac, Garât, de Géraiido, Cabanis, etc.\ C'est ainsi d'aiileurs qu'on avait souvent compris au moyen âge la doctrine d'Aristote;- c'est pour la défendre que la Sorboune et les jésuites s'opposèrent à la tliéorie des i lées innées de Descartes jusqu'à ce que l'abbé de Prades et les Encyclopédistes (voyez ïnlroduction) , ayant adopté la philosophie de la sensation, les orthodoxes firent appel pour les combattre à la théorie de l'iunéité. On trouve, il est vrai, dans le Traité de l'âme un certain nombre de textes qui, pris à part pourraient faire considérer Ari.-^tote comme un précurseur de Locke; il y compare même l'Ame à un feuillet où il n'y a rien actuellement d'écrit (III, 11}, etcommeon traduisit le mot grec Ypa[ji[iaTEÏov par le mot latin lahula, Aristote devint le père de la théorie de la tahle rase. Mois il est impossible d'interpréter eu ce sens la doctrine d'Aristote quand on tient compte de tous les textes. L'intellect pussif ne saurait sans une image former ses conceptions, mais il n'en est pas de même de l'intellect actif qui seul est impassible et pur. [De anim.,\\\, "i). Voyez L'eberweg, Griindriss der Gescliichte der Pkilosop/de, l, 201 ; Ritter et Preller, Ilisloria pliilosophi,r (pœeœ et roman;e, 309; Waddington, Psijcholoijie d'Aristote, etc.

2. Nous avons rapporié dans l'Introduction le jugement de Condillac .sa»' l'ensemble de la philosophie d'Aristote.

Si ces hommes joignaient à une méthode exacte beaucoup de clarté, beaucoup de précision, ils auraient quelque droit de regarder comme inutiles les eflbrts que fait la métaphysique*, pour connaître l'esprit humain; mais on pourrait bien les soupçonner de n'estimer si fort Aristote qu'afin de pouvoir mépriser Locke.*, et de ne mépriser celui-ci que dans l'espérance de jeter du mépris sur tous les métaphysiciens.

Il y a longtemps qu'on dit que toutes nos connaissances sont originaires des sens. Cependant, les Péripatéticiens étaient si éloignés de connaître cette vérité, que, malgré l'esprit que plusieurs d'entre eux avaient en partage, ils ne l'ont jamais su développer, et qu'après plusieurs siècles c'était encore une découverte à faire.

Souvent un philosophe se déclare pour la vérité sans la connaître : tantôt il obéit au torrent, il suit l'opinion du grand nombre; tantôt plus ambitieux que docile, il résiste, il combat, et quelquefois il parvient à entraîner la multitude.

C'est ainsi que se sont formées presque toutes les sectes ' : elles raisonnaient souvent au hasard ; mais il

1. Sur le sens de ce mot, voyez l'Introduction, LVI et CYIII.

2. L'abbé de Prades dans son Apologie (voyez Introduction) remarque que la Sorbonne ne s'avisa de défendre la théorie des idées innées, qu'elle avait toujours combattue depuis son apparition avec Descartes, que lorsqu'elle la vit abandonnée de tous et remplacée par celle qu'elle avait toujours professée. Mais elle ne fut pas suivie par tous les membres du clergé : comme Locke était une autorité suspecta dont les principes, disait l'abbé de Lignac, pouvaient conduire à l'athéisme et au matérialisme, ceux qui n'acceptèrent pas la théorie cartésienne s'appuyèrent sur Aristote et laissèrent décote Locke, « qui n'avait rien inventé ». C'était un moyen de conserver ses doctrines, de plaire aux adversaires des philosophes et de vivre en paix.

3. Condillac s'est expliqué sur la formation des sectes ou des sytèmes philosophiques fondés sur des principes abstraits dans le Traité des systèmes. Voyez Introduction.

fallait bien que quelques-unes eussent quelquefois raison, puisqu'elles se contredisaient toujours.

J'ignore quel a été le motif d'Aristote, lorsqu'il a avancé son principe sur l'origine de nos connaissances. Mais ce que je sais, c'est qu'il ne nous a laissé aucun ouvrage où ce principe soit développé, et que d'ailleurs il cherchait à être en tout contraire aux opinions de Platon *.

Immédiatement après Aristote vient Locke* ; car il ne faut pas compter les autres philosophes qui ont écrit sur le même sujet \ Cet Anglais y a sans doute répandu beaucoup de lumière, mais il y a encore laissé de l'obscurité. Nous verrons que la plupart des jugements qui se

1. Telle (jtait l'opinion courante au xyiii" siècle, et telle est peut-être aujourd'hui encore l'opinion de ceux qui jugent l'un et l'autre en ne tenant compte que de leurs dilférences. Mais pour un critique impartial il est facile de voir que les divergences portent sur les moyens employés plus que sur le but à atteindre. Tous deux admettent, après Socrate, qu'il n'y a pas de science du particulier; mais tandis que Platon cherche à s'élever au-dessus du monde sensible jusqu'au monde intelligible qui en est pour lui absolument distinct, Aristote croit au contraire qu'il faut dégager l'intelligible du sensible. C'est pourquoi il attribue une part plus grande à l'expérience.

2. Locke (John) (1632-1704) a composé un Essai sur l'Enten dément humain, traduit par Coste dès 1700 et auquel Leibnitz répondit dans ses Nouveaux Essais ; des Pensées sur l'éducation, traduites par Coste dès 1705 ; des Lettres sur la Tolérance, ua Essai sur le rjouvernement ciiil. Il a exercé une influence considérable sur le xvni« siècle français, particulièrement sur Voltaire, Rousseau, Montesquieu et Condillac. Voyez Marion, Locke, sa vie et ses œuvres.

3. Condillac cite ailleurs Aristippe et Épicure. 11 ne pense pas à revendiquer les scolastiques pour ses prédécesseurs, sans doute parce qu'il les combattait à tous les autres points de vue et ne voulait avoir rien de commun avec eux. 11 est plus singulier qu'il n'invoque pas le témoignage de Gassendi, lorsque surtout il cite une page de la Logique de Port-Royal qui suit immédiatement la réfutation de la formule gassemliste : omnis idea ortus ducitur a sensiOus (Voy. p. 249).

mêlent à toutes nos sensations lui ont échappé • ; qu'il n'a pas connu combien nous avons besoin d'apprendio à toucher, à voir, à entendre, etc., que toutes les facultés de l'àme lui ont paru des qualités innées, et qu'il n'a pas soupçonné qu'elles pourraient tirer leur origine de la sensation méme^.

Il était si loin d'embrasser dans toute son étendue le système de l'homme, que sans Molyneux ', peut-être n'eùt-il jamais eu occasion de remarquer qu'il se mêle des jugements aux sensations de la vue. Il nie expressément qu'il en soit de même des autres sens. Il croyait donc que nous nous en servons naturellement, par une espèce d'instinct, sans que la réflexion ait contribué à nous en donner l'usage.

M. de Buffon *, qui a tenté de faire l'histoire de nos pensées, suppose tout d'un coup dans l'homme qu'il imagine, des habitudes qu'il aurait dû lui faire acquérir. Il n'a pas connu par quelle suite de jugements chaque sens se développe. Il dit que dans les animaux l'odorat est le premier ; que seul il leur tiendrait lieu de tous les autres, et que dès les premiers instants, avant par

i. Condillac distingue trois choses dans la sensation : 1° la perception que nous épr'ouvons; 2° le rapport que nous en faisons à quelque chose hors de nous; 3° le jugement que ce que nous rapportons aux choses leur appartient en effet. {Esmi, I, 30.)

2. Locke ramène à la sensation et à la réflexion toutes nos idées. C'est ce que paraissait faire également Condillac dans son premier ouvrage.

3. Molyneux, né en d6o6, et mort en 1G98 à Dublin, fut en correspondance avec Locke, écrivit deux ouvrages : Sciothericum telescopicum et Dioptrka, et inséra un grand nombre de dissertations dans les Philosophical Transaclions. Sur le problème qui porte son nom, voyez ch. xi, page 252,

4. Sur la théorie de Buffon. voyez Vlntroduclion et les Eclaircissements, I et IL

conséquent d'avoir reçu des leçons du toucher, il détermine et dirige tous les mouvements.

Le Traité des Sensations est le seul ouvrage où l'on ait dépouillé l'homme de toutes ses habitudes. En observant le sentiment ' dans sa naissance, on y démontre comment nous acquérons l'usage de nos facultés ; et ceux qui auront bien saisi le système de nos sensations, conviendront qu'il n'est plus nécessaire d'avoir recours aux mots vagues d'instinct -, de mouvement ma-

1. On oublie trop souvent le sens donné par Contlillac au mot sensation. J'appelle pensée, dit-il, tout ce que l'ûme éprouve; opération, la pensée en tant qu'elle est propre à produire quelque changement dans l'âme; perception, l'impression qui se produit en nous à la présence des objets ; sensation, cette même impression en tant qu elle vient par les sens ; conscience, la connaissance qu'on en prend : idée, la connaissance qu'on en prend comme image. On peut prendre indifféremment l'un pour l'autre de ces mots... quand ou n'a besoin que de l'idée principale qu'ils signifient [Essai I, 170). Coudillac ne sépare pas la perception ou la sensation de la conscience [Art de penser, 21) ; c'est donc en réalité de la conscience qu'il essaye de faire sortir toutes nos facultés et toutes nos idées. C'est ce qu'a soutenu Rélhoré, eu faisant sortir de la doctrine bien dos choses qu'elle ne contient pas ; c'est ce qu'avait montré avec plus de mesure et de vérité La Romiguièrc (Leçons de philosophie, I, 23'*). La première opération de l'àme, la sensation, c'est-à-dire le sentiment ou la conscience de ce qui se passe en nous, suffit-elle pour expliquer la production de toutes nos idées et de toutes nos facultés ? Contient-elle eu germe tout ce qui apparaîtra dans la suite ? Voilà comment se pose la question pour Condillac, et voilà comment il faut la poser pour ne pas faire à la doctrine des objections injustes et sans portée. C'est ce qu'a entrevu Ritter [Philosophie moderne, 111, 200). « C'est dit-il, parce que Condillac a joint la coniicience à la sensation, qu'il supprime la réflexion comme source particulière de nos idées. »

2. L'iuslinct n'est pour Condillac, comme pour l'école anglaise contemporaine, (junn commencemeut d'intcdligence. Mais pour Condillac il est acquis par l'individu, tandis que pour Darwin et Spencer il est iniié dans l'individu et acquis dans l'espèce. Voyez Traité des Animaux, II, c. v. et Introduction, XLIX. Voyez, pour les théories de l'école anglaise contemporaine, outre

chinai, et autres semblables, ou que du moins si on les emploie, on pourra s'en faire des idées précises.

Mais pour remplir l'objet de cet ouvraf,'e, il fallait absolument mettre sous les yeux le principe de toutes nos opérations : aussi ne les perd-on jamais de vue. Il suffira de l'indiquer dans cet extrait.

Si l'homme n'avait aucun intérêt à s'occuper de ses sensations, les impressions que les objets feraient sur lui, passeraient comme des ombres, et ne laisseraient point de traces. Après plusieurs années, il serait comme le premier instant, sans avoir acquis aucune connaissance et sans avoir d'autres facultés que le sentiment. Mais la nature de ses sensations ne lui permet pas de rester enseveli dans cette léthargie. Comme elles sont nécessairement agréables ou désagréables', il est intéressé à chercher les unes et à se dérober aux autres ; et plus le contraste des plaisirs et des peines a de vivacité, plus il occasionne d'action dans l'âme.

Alors la privation d'un objet que nous jugeons nécessaire à notre bonheur, nous donne ce malaise, cette inquiétude que nous nommons besoin, et d'où naissent les désirs. Ces besoins se répètent suivant les circonstances, souvent même il s'en forme de nouveaux, et c'est là ce qui développe nos connaissances et nos facultés.

Locke est le premier qui ait remarqué que l'inquiétude causée par la privation d'un objet est le principe de nos

les ouvrafçes de Darwin et de Spencer : A System of Psychology, hy Daniel Greeuleaf Thompson. 2 vol. London, 1884.

1. Voilà donc le principe d'où Condillac veut faire découler toutes nos facultés : la sensation identique à la conscience ou au sentiment et nécessairement agréable ou désagréable: il n'y a pas de sensation inconsciente, pas de sensation iudifférente.

déterminations '. Mais il fait naître l'inquiétude - du désir : et c'est précisément le contraire; il met d'ailleurs entre le désir et la volonté plus de différence qu'il n'y en a en effet'; enfin il ne considère l'influence de l'inquiétude que dans un homme qui a l'usage de tous ses sens et Texercice de toutes ses facultés.

Il restait donc à démontrer que cette inquiétude est le premier principe qui nous donne les habitudes de toucher, de voir, d'entendre, de sentir, de goûter, de comparer, de juger, de réfléchir, de désirer, d'aimer, de haïr, de craindre, d'espérer, de vouloir ; que c'est par elle, en un mot, que naissent toutes les habitudes de l'âme et du corps*.

Pour cela il était nécessaire de remonter plus haut que n'a fait ce philosophe. Mais dans l'impuissance où nous sommes d'observer nos premières pensées et nos

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