‹ Traité des sensations, première partieChapitre 131 sur 190 · Voyez page lo · texte numérisé non relu

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2. Coste traduit ainsi le mot anglais Uneasiness, qu'on traduirait mieux par « malaise. »

3. Il est à remarquer que Condillac distingue à certains moments, sinon toujours, la liberté de la volonté. La volonté comprend le besoin, le désir, etc. La liberté est le choix qui suit la délibération sur plusieurs objets capables de satisfaire en nous des désirs diÊférents. Voyez Dissertaiion sur la Liberté, Traité des animaux, et la partie de notre Introduction où nous avons exposé la théorie condillacienne de la liberté.

Locke traite cette question dans VEssai sur l'entendement humain, II, c. xx ctxxi.

4. Le mouvement est l'action du corps : certaines de ces actions sont naturelles et se font par suite de notre conformation. Bans être dirigées par notre volonté ; tels sont les mouvements qui sont le principe de la vie. D'autres actions du corps se fout parce que nous les voulons faire, parce que nous dirigeons nousmêmes nos mouvements : ce sont les actions volontaires, qui deviennent, lorsque nous les avons faites souvent, des actions habituelles, c'est-à-dire qu'elles n'ont plus besoin d'être dirigées par nous. Les actions Je l'âme sont des opérations de l'entendement et de la volonté : elles deviennent habituelles comme celles du corps.

Wi EXTRAIT RAISONNE

premiers mouvements ', il fallait deviner, et par conséquent il fallait faire différentes suppositions '.

Cependant ce n'était pas encore assez de remonter à la sensation. Pour découvrir le progrès de toutes nos connaissances et de toutes nos facultés, il était important de démêler ce que nous devons à chaque sens, recherche qui n'avait point encore été tentée'. De là se sont formées les quatre parties du Traité des Sensations.

La première, qui traite des sens qui par eux-mêmes ne jugent pas des objets extérieurs.

La seconde, du toucher ou du seul sens qui juge par lui-même des objets extérieurs.

La troisième, comment le toucher apprend aux autres sens à juger des objets extérieurs.

La quatrième, des besoins, des idées et de l'industrie d'un homme isolé qui jouit de tous ses sens.

Cette exposition montre sensiblement que l'objet de cet ouvrage est de faire voir quelles sont les idées que nous devons à chaque sens, et conmient, lorsqu'ils se réunissent*, ils nous donnent toutes les connaissances nécessaires à notre conservation.

1. Condillac dit qu'il serait bien utile d'observer les enfants ou de nous rappeler ce que nous avons éprouvé nous-mêmes dans notre enfance. Mais il ne croit pas que ce soit chose possible. On a de nos jours pensé le contraire. Darwin, Taine, Pêrez, E. Egger, etc., nous ont donné sur ce sujet d'intéressantes monographies.

2. V. Cousin a reproché à Condillac d'abuser des suppositions.

3. Condillac exagère l'originalité de ses recherches. Aristole avait déjà examiné ce qui est propre à chaque sens, c'est-à-dire ce qui ne peut pas être senti par un autre sens, et ce sur quoi le sens ne peut se tromper {Traité de Vâme, II, 6). Voyez Bossuet, Traité de la connaissance de Dieu, I, 3. On peut dire cependant que c'est là une des parties les plus intéressantes du Traité des Sensations.

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