‹ Traité des sensations, première partieChapitre 135 sur 190 · Voyez Introduction, LXIII · texte numérisé non relu

Voyez Introduction, LXIII

La Romiguière, Leçons de philosophie, 1, 146. « L'inquiétude est autre chose que le malaise. Le malaise est un sentiment pénible,

On verra le détail de ces choses dans le Traité des Sensations. On y explique comment en passant de besoin en besoin, de désir en désir, l'imagination se forme, les passions naissent, l'àme acquiert d'un moment à l'autre plus d'activité * et s'élève de connaissances en connaissances *.

C'est surtout dans la première partie qu'on s'applique à démontrer l'influence des plaisirs et des peines. On ne perd point de vue ce principe dans le cours de l'ouvrage, et on ne suppose jamais aucune opération dans l'âme de la statue, aucun mouvement dans son corps, sans indiquer le motif qui la détermine.

On a eu encore pour objet, dans cette première partie, de considérer séparément et ensemble l'odorat, l'ouïe, le goût et la vue; et une vérité qui se présente d'abord, c'est que ces sens ne nous donnent par eux-mêmes au-

et l'âme est passive en l'éprouvant. L'inquiétude est un commencement d'action, un commencement de mouvement. Pour que l'inquiétude fût la même chose que le malaise, il faudrait que l'activité fût la même chose que la passivité, le mouvement la même chose que le repos. Il y a donc ici lacune et solution de continuité. En allant du malaise à l'inquiétude, on ne va pas du même au même. » Voyez Cousin, Philosophie sensuali.tle, 82. Rappelons que La Romiguière admet dans l'entendement trois facultés : l'attention, la comparaison et le raisonnement; dans la volonté, trois facultés : le désir, la préférence et la liberté.

1. Voilà un des nombreux passages qui prouvent que Coudillae n'a nullement supprimé l'activité de l'àme. Ce passage en le considérant seul, nous ferait peut-être comprendre le véritable sens de la théorie condillacienne : l'âme essentiellement active, mais ne déployant son activité qu'à l'occasion des impressions organiques, ne pourrait la manifester qu'après avoir éprouvé les sensations : supposez la sensation dans l'âme, il ne lui faut rien de plus pour avoir l'occasion d'être attentive. Mais encore faudrait-il dire, en ce cas. que l'âme déploie uu pouvoir nouveau qui était en elle lorsqu'ellt», sentait, mais qu'elle n'exerçait pas encore.

Page 1