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Après ces mots on lisait dans la l'o édition

" Mais pour avoir l'idée distincte et précise d'une grandeur, il faut voir comment les choses aperçues les unes hors des autres se lient, se terminent mutuellement et comment toutes ensemble elles ont des bornes qui les circonscrivent. Or le moi de la statue, » etc.

2. l'o édition:» Il faudrait pour cela qu'il connût quelque chose hors de lui-même.

u Mais ne pourra-tilpas se sentir au moins terminé dans une couleur? Qu'il soit modifié par une surface bleue lisérée de blanc, ne s'apercevra-t-il pas comme un bleu terminé ? On serait d'abord tenté de le croire ; cependant le sentiment contraire est beaucoup plus vraisemblable.

« La statue ne peut se sentir étendue à l'occasion de cette surface, qu'autant que chaque partie lui donne la même modification; chacune doit produire la sensation du bleu. Mais si elle est modifiée de la môme manière par un pied de cette surface, par un pouce, par une ligne, etc., elle ne peut pas se représenter dans cette modification une grandeur plutôt qu'une autre. Elle ne s'en représente donc aucune. Une sensation de couleur ne porte donc pas avec elle une idée d'étendue.

» Il est vrai que cette sensation est répétée autant de fois qu'il

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fois toutes les couleurs qui le modifient en m Ame temps ; et puisqu'il ne voit rien au delà, il ne saurait s'apercevoir comme circonscrit; parce qu'il est modifié à la fois par plusieurs couleurs, et qu'il se trouve également dans chacune, il se sent comme étendu, et parce qu'il n'apperçoit rien qui le circonscrive, il n'a de son étendue qu'uri sentiment vague : c'est pour lui une étendue sans bornes. Il lui semble qu'il se répète sans fin, et ne connaissant rien au delà des couleurs qu'il croit être, il est par rapport à lui comme s'il était immense : il est partout, il est tout'.

y a de parties sensibles sur cette surface; mais répôt/ie plusieurs fois, ou produite une seule', elle n'est jamais qu'une même manière d'être, et la statue ne saurait se douter de cette répétition. Chaque couleur ne lui paraîtra étendue que quand, le tact ayant instruit la vue, ses yeux se seront fait une hahitule de rapporter sur toutes les parties d'une surface la modification simple et unique qu'elles répètent chacune dans l'être sentant. Mais actuellement qu'elle ne regarde une couleur que comme une de ses manières d'être, je n'imagine pas comment elle pourrait la sentir étendue.

« Nous n'avons point de terme pour rendre avec précision le sentiment qu'a d'elle-même la statue modifiée par plusieurs couleurs à la fois. Mais entin elle connaît qu'elle existe de plusieurs manières; elle s'aperçoit en quelque sorte comme un point coloré, au delà duquel il en est d'autres, où elle se retrouve; et à cet égard on peut dire qu'elle se sent étendue. Mais puisqu'elle ne peut pas déterminer le nombre des couleurs qui la modifient en même temps, puisque ces couleurs ne se terminent point mutuellement, et que toutes ensemble elles ne sauraient être circonscrites, il faut conclure que le sentiment quelle a de son étendue est vague, qu'il ne marque de bornes nulle part. Elle se sent comme un être qui se multiplie sans fin, et ne connaissant rien au delà, elle est par rapport à elle comme si elle était immense : elle est partout, elle est tout. »

1. En lisant ce qui dans la l"'" édition se terminait à ce mot, on verra que Condillac est devenu dans la seconde plus court et plus précis, mais aussi beaucoup plus affirraatif.

A ce mot « tout » se terminait le paragraphe 8 dans la l'* édition *, on lisait ensuite au lieu du passage qui va de « Mais dans

Mais dans son étendue qui lui paraît immense, les différentes couleurs se terminent mutuellement, elles dessinent donc des figures. Or la statue croira-t-elle encore être ces figures? A-t-elle des idées de figures, aussitôt qu'elle a des sensations de couleur?

Une sensation renferme telle et telle idée : donc nous avons ces idées aussitôt que nous avons cette sensation. Voilà une conclusion que les mauvais métaphysiciens ' ne manquent jamais de tirer. Cependant nous n'avons pas toutes les idées que nos sensations renferment; nous n'avons que celles que nous y savons remarquer. Ainsi nous voyons* les mêmes objets, mais parce que nous n'avons pas ^ le même intérêt à les observer, nous en avons chacun des idées bien différentes. Vous remarquez ce qui m'échappe, et souvent lorsque vous en pouvez rendre un compte exact, je suis moi-même comme si je n'avais rien vu.

Or la lumière et les couleurs étant le côté le plus sensible par où la statue se connaît, par où elle jouit d'elle-même, elle sera plus portée à considérer ses modifications comme éclairées et colorées que comme

son éteodue, » jusqu'à « Cependant nous n'avons pas toutes les idées : »

« § 9. Dans une idée aussi imparfaite de l'étendue, on ne saurait se représenter aucune trace de figures, aucune grandeur terminée. .Cela est évident. Mais quand môme on supposerait, contre ce que nous venons de dire, que chaque couleur, considérée comme une modification de l'âme, peut représenter une étendue figurée, il me semble que la statue ne se ferait encore l'idée d'aucune ligure.

<( Pour en être convaincu, il faut se rappeler le principe que nous avons établi et qui est constaté par notre expérience. C'est que nous n'avons pas toutes les idées, » etc.

i . On voit que Condillac était plus loin alors de VEssai sw l'Origine des connaissances humaines : car il oublie qu'il devrait se ranger au nombre des mauvais métaphysiciens.

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