Id. : « le même plaisir, le même intérêt à
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figurées. Tout occupée à juger des couleurs par les nuances qui les distinguent, elle ne pensera donc pas aux différentes manières dont nous les supposons terminées.
D'ailleurs il ne suffit pas à l'œil de voir toute une figure pour s'en former une idée, commte il lui suffit de voir une couleur pour la connaître. Il ne saisit l'ensemble de la plus simple qu'après * l'avoir analysée, c'est-à-dire, qu'après en avoir remarqué successivement toutes les parties. Il lui faut un jugement * pour chacune en particulier, et un autre jugement pour les réunir : il faut se dire : Voilà un côté, en voilà un second, en voilà un troisième; voilà l'intervalle* qu'ils terminent, et de tout cela résulte ce triangle.
Ainsi donc que les yeux n'ont appris à démêler trois couleurs à la fois que parce que, les ayant considérées successivement, ils les remarquent dans l'impression qu'elles font ensemble : de môme ils n'apprendront à démêler les trois côtés d'un triangle qu'autant que, les ayant remarqués l'un après l'autre, ils les remarqueront tous ensemble, et jugeront de la manière dont ils se réunissent. Mais c'est là un jugement que la statue n'aura point occasion de former *.
Les figures, nous le supposons, sont renfermées dans les sensations qu'elle éprouve. Mais notre expérience nous démontre assez que nous n'avons pas toutes les idées que
1. l'8 édition : « qu'après en avoir parcouru toutes les parties. » L'additioQ du mot analysée dans la 2o édition montre que Condillac s'était livré dans l'intervalle à ses travaux de logique.
2. Sur la théorie du jugement impliqué dans ces affirmations, voyez page 152.