‹ Traité des sensations, première partieChapitre 176 sur 190 · Voyez partie III, ch. m · texte numérisé non relu

Voyez partie III, ch. m

6. l" édition : « à donner de l'étendue à chaque couleur, c'est

quer dans les couleurs des grandeurs circonscrites, ou des figures, c'est encore à lui à nous faire remarquer dans les couleurs des situations et des mouvements. N'ayant qu'une idée confuse et indéterminée d'étendue, privée de toute idée de figure, de lieu, de situation et de mouvement, la statue sent seulement qu'elle existe de bien des manières. Si plusieurs objets changent de place, sans disparaître à ses yeux, elle continue d'être les mêmes couleurs qu'elle était auparavant. Le seul changement qu'elle peut éprouver, c'est d'être plus sensiblement tantôt l'une tantôt l'autre, suivant les différentes situations, par où le mouvement fait passer les objets : étant tout à la fois, par exemple le jaune, le pourpre et le blanc, elle sera dans un moment pins le jaune; dans un autre, plus le pourpre; et dans un troisième, plus le blanc'. Elle est toutes les couleurs qu'elle voit: mais elle est plus particulièrement la couleur qu'elle regarde.

encore à lui, à leur donner la propriétt'- de représenter des situations et des naouvements. »

1. La 1" édition ne contient pas la phrase : « Elle est toutes les couleurs... qu'elle regarde. » Cette phrase marque bien l'opposition que Condillac a essayé de montrer partout entre l'état primitif de nos sens et l'état auquel ils arrivent ensuite grâce à l'habitude. Nous voijon^, nous entendons d'abord, nous ne regardons, nous n'écoutons que plus tard.

Page 1