‹ Traité des sensations, première partieChapitre 178 sur 190 · Voyez page i64, n · texte numérisé non relu

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n'en jugent-ils ainsi que parce que celte idée leur est familière, et qu'ils la retrouvent partout? la statue aurait autant de raison de croire qu'elle n'est qu'une couleur ou qu'une odeur, et que cette couleur ou cette odeur est son être, sa substance*. Mais ce n'est pas le lieu de m'arrêter sur de pareils systèmes, et c'est assez les réfuter que de faire voir qu'ils ne sont pas mieux fondés que les jugements que nous venons de faire porter à notre statue.

1. Comme Berkeley, Condillac nie que l'étendue soit une idée privilégiée qui corresponde exactement à ce qu'est la matière en soi. 11 montre qu'elle est sur le même rang que les odeurs, les couleurs et les sons, dans lesquels cependant on ne voit que des modifications de notre âme, et qu'il n'y a pas plus de raison de croire que la matière est étendue que de se la représenter colorée ou odorante. Mais Berkeley conclut de là que la matière, n'étant pas connue, n'existe pas. Condillac afBrme qu'elle existe sans pouvoir être connue.

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