FIN DE LA PREMIERE PARTIE DU TRAITE DES SENSATIONS
Bnffon et Gondillac.
J'imagine' un homme lel qu'on peut croire qu'était le premier homme au moment de la création, c'est-à-dire un homme dont le corps et les organes seraient parfaitement formés, mais qui s'éveillerait tout neuf pour lui-même et pour tout ce qui l'environne. Quels seraient ses premiers mouvements, ses premières sensations, ses premiers jugements? Si cet homme voulait nous faire l'histoire de ses premières pensées, qu'aurait-il à nous dire? quelle serait celte histoire? Je ne puis me dispenser de le faire parler lui-même, afin d'en rendre les faits plus sensibles; ce récit philogophique, qui sera court, ne sera pas une digression inutile.
« Je me souviens de cet instant plein de joie et de trouble*, où je sentis pour la première fois ma singulière existence; je