‹ Traité des sensations, première partieChapitre 18 sur 190 · XXIV . CONDILLAC · texte numérisé non relu

XXIV . CONDILLAC

que Condillac avait indiqué dans l'Essai sur l'Origine des connaissances humaines : « Quel tableau, dit-il en parlant d'un aveugle-né à qui on donnerait le sens de la vue, que l'univers à des yeux qui s'ouvrent à la lumière pour la première fois ' ! » Dans le second volume du même ouvrage, Condillac suppose que quelque temps après le déluge, deux enfants de l'un et de l'autre sexe se sont égarés dans des déserts avant de connaître l'usage d'aucun signe et il cherche comment ils se sont formé une langue'; il faudrait, dit-il plus loin, se mettre dans des circonstances sensibles afin de faire des signes pour exprimer les premières idées qu'on acquerrait par sensation et par réflexion'; un homme, ajoute-t-il que Dieu créerait d'un tempérament mûr et avec des organes si bien développés qu'il aurait, dès les premiers instants, un parfait usage de la raison ne trouverait pas, dans la recherche de la vérité, les mêmes obstacles que nous... Imaginons-nous donc être à la place de cet homme, passons par toutes les circonstances où il doit se trouver; voyons avec lui ce qu'il sent; formons les mêmes réflexions ; acquérons les même idées, analysons-les avec le même soin, etc*. Ainsi se mettre à la place d'un homme sortant des mains de Dieu avec un tempérament mûr et avec des organes si bien développés qu'il aurait immédiatement un parfait usage de la raison ; présenter le tableau de l'univers à des yeux qui s'ouvrent pour la première fois, voilà ce que propose Condillac dans son

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