II CONDILLAC
dans presque toutes les expositions des théories de Con-
dillac.
Sur la proposition de M. Janet, la première partie du Traité des Sensations a été placée au programme de la classe de philosophie. On pourrait justifier ce choix par des raisons analogues à celles que donnait Johnson. En France comme en Allemagne, on agite encore la question soulevée par le Traité des Sensations ; tout le monde parle de Gondillac et presque personne ne le lit, ce qui fait qu'on en parle souvent d''une manière très inexacte. Il y a plus. On a renoncé en Allemagne à identifier la philosophie de la sensation avec le matérialisme, quand on l'a vue s'unir chez Gondillac à une métaphysique spiritualiste, chez Herbart à la doctrine d'une âme essentiellement immatérielle, chez Czolbe à celle d'une âme du monde '. U Histoire du, Matérialisme de Lange a montré combien on a souvent faussé la vérité historique, quand on a voulu prouver que l'une conduisait logiquement à l'autre. Nous n'en sommes pas encore là en France : on pourrait citer plus d'un ouvrage où le matérialisme et l'athéisme sont présentés comme inséparables de ce qu'on appelle le sensualisme ; nous pourrions rappeler tel résumé de l'histoire de la philosophie où l'on cite Helvétius, d'Holbach et même La Mettrie, mort en 1751, comme ayant développé les conséquences du système auquel Gondillac n'a donné sa première forme qu'en 1754.
1. iohxiion, Ëinleitung , p. 7. t^Das seasualistische Prinzip, bat an sich mit dem Materialismus nichts zu schaffen.» — Kuno Fischer {Bacon und seine Nachfolger) parle cependant encore de la tendance matérialiste de Gondillac : « Die materialistische Tendeuz in Coadillac. » P. 631.)