‹ Traité des sensations, première partieChapitre 22 sur 190 · XXVIII CONDILLAC · texte numérisé non relu

XXVIII CONDILLAC

qui ne se piquent pas de bien écrire en raisonnant, de manière que les constructions longues et embarrassées échappent au lecteur comme les raisonnements; qui réservent tout leur art pour jeier de temps en temps de ces périodes artistement faites où l'on se livre à son imagination sans se mettre en peine du ton qu'on vient de quitter et de celui qu'on va reprendre; qui font ainsi des livres qu'on ne lit pas, mais qu'on feuillette et dont on parle. De tels philosophes traitent avec mépris les observateurs % surtout ceux qui s'occupent des insectes, car une mouche ne doit pas tenir dans la tête d'un naturaliste plus depjlace qu'elle n'en tient dans la nature; ils font un dieu à leur image et le considèrent comme un grand naturaliste qui dédaigne les détails, de crainte qu'un insecte ne tienne trop de place dans sa tète. Ils n'admettent que les principes qu'ils peuvent généraliser le plus, sans qu'il leur soit défendu de les oublier quelquefois : avec des principes vagues, des contradictions, peu de raisonnements ou des raisonnements peu concluants on est entendu de tout le monde. Enfin, comme si Condillac craignait qu'on ne méconnût BufTon dans le portrait qu'il vient de tracer, il termine par trente et une questions sur lesquelles il demande dés éclaircissements à M. de BufTon et il en néglige plusieurs qu'il pourrait faire encore.

La seconde partie est consacrée à l'exposition des idées de Condillac : il étudie la génération des facultés de l'animal et montre en quoi consiste la supériorité de l'homme sur les animaux. L'homme discerne le vrai, sent le beau,

1. Buffoii u'aimait ni les observateurs tels que Réaumur, ni les clasfiiQcateurs comme Linné.

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