‹ Traité des sensations, première partieChapitre 23 sur 190 · LE TRAITÉ DES ANIMAUX XXIX · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DES ANIMAUX XXIX

crée les arts et les sciences, acquiert la connaissance des principes de la morale et s'élève jusqu'à la divinité, pour l'adorer et lui rendre grâce des biens qu'il en a reçus. Bufibn, qui était habitué à recevoir Vhommage des écrivains, dut être profondément blessé de ces attaques : ses amis le furent peut-être encore davantage. Le l*"" novembre 1755, Grimm écrit « qu'il a jugé trop favorablement le Traité des Sensations et que ce livre a eu peu de succès. L'auteur est naturellement froid, diffus, disant peu de choses en beaucoup de paroles et substituant partout une triste exactitude de raisonnement au feu d'une imagination philosophique ; il a l'air de répéfer, comme à contre-cœur, ce que les autres ont révélé à l'humanité avec génie... Il vient de faire un ouvrage tout entier contre M. de Buffon, qu'il a intitulé Traité des Animaux. L'illustre auteur de V Histoire naturelle y est traité durement, impoliment, sans égards et sans ménagements. Quand il serait vrai que M. de Buffon se soit peu gêné sur le Traité des Sensations et qu'il en eût dit beaucoup de mal dans le monde, la conduite de M l'abbé de Condillac n'en serait pas moins inexcusable... cela prouve seulement peu d'éducation et beaucoup d'orgueil... on se dégrade soi même. » On pourrait se demander pourquoi Condillac, attaqué et accusé de plagiat par un homme célèbre, bafoué par ses amis, a montré peu d'éducation en se défendant. Il a amèrement critiqué, il est vrai, l'écrivain célèbre qui l'avait le premier attaqué ; mais, comme on l'a fort bien remarqué ', il l'ajustement critiqué.

1. Albert Lemoine, Ch. Bonnet de Genève, philosophe et naturaliste, p. 8.

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