‹ Traité des sensations, première partieChapitre 26 sur 190 · XXX II CONDILLAC · texte numérisé non relu

XXX II CONDILLAC

avec une extrême violence leurs adversaires et laisser quelquefois môme prendre le premier rang à ceux d'entre eux qui, non contents de combattre le catholicisme et la doctrine des idées innées, soutenaient le matérialisme et l'athéisme, Condillac fut nommé gouvei'neur do l'infant de Parme et quitta la France. Deleyre ' était nommé en même temps bibliothécaire de l'infant. « Il me paraît, écrit Voltaire à d'AIembert, que l'infant parmesan sera bien entouré. »

Condillac se donna tout entier à la lâche qu'il avait entreprise. Il étudia, pour instruire son élève, Y Histoire de la philosophie, de Brucker, les ouvrages de Montesquieu, l'histoire de Hume; il eut communication des Observations sur l'histoire de France imprimées seulement en 4765; il s'entoura de tous 15s renseignements qui pouvaient lui être de quelque utilité. Il employa une méthode nouvelle qu'il nous a exposée lui-même dans le Cours d'études et qui est d'un haut intérêt au point de vue pédagogique. Son élève avait sept ans ; il commença par se rapprocher de lui; il joua avec lui, lui lit remarquer ce qu'il faisait et comment il avait appris à le faire; ce fut pour lui un nouveau jeu. Il apprit qu'il n'avait pas toujours été capable des mouvements qu'il avait cru jusqu'alors lui être naturels, il vit comment les habitudes se contractent. Condillac lui dit qu'il n'avait pas toujours eu les idées qu'il avait alors, qu'il s'était fait une habitude de penser comme de se mouvoir ; il étonna l'enfant et excita sa curiosité. Le jeu l'attirait moins et il se rapprochait de son précepteur. Condillac l'observa

1. Auteur de l'art. Fanatisme, dans V Encyclopédie, et ami de Rousseau, plus tard membre de la Convention.

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