‹ Traité des sensations, première partieChapitre 27 sur 190 · LE COURS D'ETUDES XXXIII · texte numérisé non relu

LE COURS D'ETUDES XXXIII

pendant quelques jours, causa avec lui, lui trouva de l'intelligence et apprit comment il devait s'exprimer : il écrivit alors la T^rcmiëre de ses Leçons préliminaires qni portait sur les différentes espèces d'idées ; c'était le résumé de sa conversation avec l'enfant qui l'entendit à la première lecture. Il fit de même pour la seconde leçon consacrée aux opérations de l'âme, pour la troisième qui traite des habitudes, pour la quatrième qui établit que l'âme est une substance différente du corps, pour la cinquième qui montre comment nous nous élevons à la connaissance de Dieu.

Convaincu par cette expérience que les enfants sont capables de raisonner, Condillac s'adressa à la réflexion plutôt qu'à la mémoire de l'enfant. Il jugea que l'enfance du monde serait pour lui l'jobjet le plus curieux et le plus facile à étudier; l'enfant croyait que le monde avait toujours été le môme, comme il avait cru d'abord qu'il avait toujours eu les idées et les habitudes qui se trouvaient en lui. Le monde enfant excita sa curiosité : ce fut pour lui un amusement d'imiter l'industrie des premiers hommes : il bêcha son champ, sema du blé, le vit croître, mûrir et le moissonna; il sema d'autres graines et voulut voir croître des arbres de différentes espèces. Condillac fit copier dans YOrigine des lois de Goguet ce qui était propre à montrer comment les besoins ont conduit les hommes de connaissance en connaissance. Il y ajouta les éclaircissements nécessaires et consacra à cette lecture la leçon de l'après-midi. Le matin était consacré aux poètes : le Lutrin, quelques comédies de Molière, quelques tragédies de Corneille et de Racine lui apprirent comment une action s'expose,

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