XXXIV CONDILLAC
se noue et se dénoue; VArt poétique de Boileau, ses meilleures satires et ses meilleures épîtres donnèrent à Tenfant une connaissance plus développée de la poésie : une année fut ensuite consacrée à Racine, l'écrivain le plus propre à former le goût, et le prince l'apprit presque tout par cœur. Il avait trouvé peu de facilité dans la lecture des poètes, parce qu'il lui manquait des idées : les lectures furent courtes d'abord et les explications longues ; mais insensiblement le contraire se produisit et une seconde, un troisième lecture faisaient entendre ce qui avait échappé à une première. En traduisant en prose les vers de Racine, en mettant d'autres mots à la place de ceux qu'il avait employés, l'enfant sentit ce que peut le choix des expressions. En même temps que Condillac exerçait ainsi la réflexion de son élève, il commençait à cultiver sa mémoire, mais il s'imposa pour règle de ne lui faire apprendre que ce qu'il entendrait parfaitement.
Il commença alors à l'instruire de sa religion : pendant deux ans ils lurent tous les jours un article du Catéchisme de l'abbé Fleury et de la Bible de Royaumont. Gomme dans tous les autres exercices, on lisait d'abord, le maître expliquait et l'enfant relisait jusqu'à ce qu'il fût en état de résumer sa lecture.
Quand l'enfant se fut fait une habitude d'appliquer les règles de l'art de parler, il étudia la Grammaire que Condillac avait composée pour lui; à la lecture des poètes, du Catéchisme et de la Bible se joignit celle de quelques lettres de Mme Sévigné qui commençaient à être à la portée de l'enfant et qui paraissaient devoir l'amuser. Il put alors étudier VArt d' écrire ; puis on