‹ Traité des sensations, première partieChapitre 29 sur 190 · LE COURS D'ETUDES XXXV · texte numérisé non relu

LE COURS D'ETUDES XXXV

passa aux Tropes de Dumarsais qu'il entendit sans effort. Toutes ces études l'avaient fait revenir continuellement sur un môme fonds d'idées ; par conséquent rien ne s'oubliait et on pouvait passer rapidement de l'une à l'autre.

Exercer le raisonnement du prince, lui donner de nouvelles connaissances, voilà ce que se proposa Gondillac en lui faisant étudier l'Art de raisonner. Il ne chercha pas à lui montrer comment on arrange des mots et des propositions pour faire un syllogisme; mais il voulut lui montrer comment on observe suivant la différence des objets à étudier, comment on s'assure de ses observations, comment on compare et comment on analyse pour comparer. Puis il lut dans Mme du Ghâtelet les chapitres où elle expose et explique les phénomènes du monde; les préfaces de Cotes et de Voltaire, l'épître de Voltaire sur Newton ; ils firent un extrait du flux et du reflux d'après Mme du Chdtelet ; ils lurent le Traité de la Sphère, le Voyage au Nord et tout ce que Maupertuis a écrit sur le système du monde, enfin la seconde partie du Newton de Voltaire. Toutes ces lectures se trouvèrent à la portée du prince.

Il avait deux ans d'étude et entrait dans sa dixième année.

C'est alors qu'ayant acquis des connaissances dans bien des genres, n'ayant plus pour apprendre le latin que la difficulté d'apprendre des mots, il fut mis à l'étude de la langue latine qu'il apprit facilement et sans dégoût. Il ne fut pas obligé de charger sa mémoire des règles d'une langue qu'il n'entendait pas encore, mais la lecture l'en instruisit peu à peu, et Condillac lui indiqua

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