XXXVI CONDILLAC
les principaux points où la syntaxe latine diffère de la syntaxe française; il fut étonné, sa curiosité s'éveilla et lui fit surmonter tous les dégoûts. Il apprit des mots, se familiarisa avec la syntaxe; il lut, après la IJenriade ai l'Essai sur la poésie épique de Voltaire, la Poétique d'Horace qui lui fit faire de grands progrès, puis quelques satires et quelques odes du même auteur.
Le prince et son maître avaient toujours fait les lectures ensemble; il commença à préparer seul quelques vers de Virgile. Il traduisit ainsi les six premiers chants de V Enéide, les Bucoliques et les Géorgiques, puis Horace qu'il lut plusieurs fois tout entier. Avec M. de Kéralio, il parcourut les Métamorphoses d'Ovide ; puis, quand il étudia l'histoire, quelques morceaux de Tite-Live, les principales lettres de Gicéron à Atticus, les petits historiens latins, les Commentaires de César, la Vie d'Agricola et les Mœurs des Germains. Jusqu'à la fin de l'éducation, quelques moments turent donnés à l'étude du latin. Il interrompit la lecture des poètes français lorsqu'il eut lu plusieurs tragédies de Corneille, tout Racine, tout Molière, tout Regnard et toutes les pièces de théâtre de Voltaire. A la fin de la troisième année il étudia l'ouvrage intitulé VArt de penser, qui résumait pour ainsi dire tout ce qu'il avait appris jusque-là sur Fart de parler, d'écrire, de raisonner, et dans lequel Condillac avait reproduit presque en entier V Essai sur r Origine des connaissances humaines.
Les six dernières années furent consacrées à l'histoire. Il faut qu'un prince apprenne à gouverner son peuple, qu'il s'instruise, par conséquent, en observant ce que ceux qui ont gouverné ont fait de bien, et ce qu'ils ont