‹ Traité des sensations, première partieChapitre 33 sur 190 · XL CONDILLAC · texte numérisé non relu

XL CONDILLAC

française. Dans son discours de réception, il fait d'après sa doctrine une esquisse des proj^^rès de l'esprit humain. Il montre ces temps de l)arbarie où une ignorance stupide et superstitieuse couvrait toute l'Europe, et il observe les circonstances qui, dissipant l'ignorance et la superstition, ont concouru à la renaissance des lettres, deux choses, dil-il, qui s'éclairent mutuellement lorsqu'on les rapproche. « Je trouve beaucoup de philo.sophie, écrit quelques jours après Voltaire, dans le discours de M. l'abbé de Condillac. On dira peut-être que ce mérite n'est pas à sa place dans une compagnie consacrée uniquement à l'éloquence et à la poésie; mais je ne vois pas pourquoi on exclurait d'un discours de réception des idées vraies et profondes (jui sont ellesmêmes la source cachée de l'éloquence. »

Il semble qu'à partir de ce moment l'abbé de Condillac se soit éloigné de Paris. Nous ne le voyons pas cité parmi les dix-sept philosophes rassemblés le 15 mai 1770 chez Mme Necker pour élever une statue à Voltaire '. Il avait obtenu la permission de publier les différents ouvrages qu'il avait composés pour l'instruction du prince de Parme, et il paraît s'être occupé tout entier de cette publication. Grimm nous apprend, en janvier 1774, que six grands volumes in-8 avaient déjà paru, quand tout à coup, sans que Condillac ait pu en soupçonner ni la cause ni le motif, son édition a disparu. On ne lui laissa ni ma. nuscrits, ni exemplaires complets, et il ne sut jamais à la réquisition de qui s'était faite cette saisie. Il est probable que la mort de Louis XV, l'entrée au ministère de Turgot

Page 1