XLII CONDILLAC
que ce livre, publié avant l'ouvrage d'Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations^ 1776, indique déjà que toutes les richesses sont dues au travail et que la nation la plus riche est celle où l'on travaille le plus.
Le 2 septembre 1777, le comte Ignace Potocki, grand notaire de Lithuanie, écrivait à l'abbé de Condillac : « Le conseil préposé à l'éducation nationale a suivi vos principes dans le système de l'instruction publique pour les écoles palatinales. Personne ne saurait mieux que vous remplir l'importante tâche de composer pour nos écoles un livre élémentaire de logique. Vous avez travaillé pour un prince souverain, refuseriez-vous d'appliquer votre ouvrage à l'usage d'une nation qui devrait l'être ? » Condillac répondit qu'il ne se refuserait pas aux vœux d'une nation dont le sort intéresse tout homme qui dans ce siècle peut avoir encore l'âme d'un citoyen. Il se mit immédiatement à l'œuvre et termina l'ouvrage avant le mois de décembre 1779. La Logique parut en 1780. Pour connaître les lois de la pensée, dit-il, il faut observer les facultés de l'âme, de même que pour découvrir l'art de mouvoir de grandes masses, il faut observer les facultés du corps. C'est la nature qui nous donne ellemême les premières leçons; c'est elle qui nous apprend l'analyse, qui nous fournit la méthode avec laquelle nous expliquons l'origine et la génération des idées et des facultés. Voilà ce que traite la première partie de la Logique, la seconde ayant pour but de montrer que l'art de raisonner se réduit à une langue bien faite. « Nous ne connaissons point de livre, écrit Grimm en août 1780, où les premières leçons de l'art de penser soient exposées