SES DERNIERS OUVRAGES XLIII
avec plus d'évidence et de clarté. On sent que l'auteur a cherché tous les moyens possibles de se mettre à la portée de ses lecteurs ; cet effort l'a entraîné dans quelques répétitions, son style en est devenu quelquefois un peu lâche, un peu diffus; mais l'objet qu'il s'est proposé, d'éclairer des esprits entièrement neufs et de désabuser ceux qui pouvaient être prévenus par l'habitude des méthodes scolastiques, cet objet important ne pouvait être rempli d'une manière plus adroite et plus heureuse. » La Romiguière lut huit fois de suite la Logique de Gondillac, dans laquelle il admirait surtout la merveilleuse simplicité d'idée, fruit d'une longue habitude de penser, jointe à une méthode lumineuse et facile.
Gondillac mourut le 2 août 1780 dans la terre de Flux, près Beaugency. Sa vie tout entière, consacrée au travail, fut d'une dignité parfaite, et aucun des adversaires acharnés qu'a rencontrés sa doctrine n'a pensé à attaquer ses mœurs. Il y a bien peu d'écrivains célèbres au xviii« siècle de qui on puisse faire un pareil éloge.
Jusqu'au dernier moment de sa vie, il fut occupé à revoir ses ouvrages et à en composer de nouveaux. En 1798 on donna, d'après ses manuscrits, une nouvelle édition de ses œuvres, en même temps qu'un ouvrage posthume, la Langue des Calculs, que l'auteur n'avait pas eu le temps d'achever. Gondillac s'y proposait de faire voir comment on peut donner à toutes les sciences l'exactitude qu'on croit être le partage exclusif des mathématiques. G'est à l'analogie qu'il demande, après les premières indications fournies par la nature, la seule règle de nos pensées. « Cette idée de l'analogie, de l'identité du connu et de l'inconnu, à la lumière de laquelle