I.U CONDILLAC
ne leur ait jamais été possible de marquer où une espèce commence et où une autre linit, ils ont cru qu'en les définissant, ils en feraient connaître l'essence*.
Les Romains ne firent que s'attacher aux sectes philosophiques fondées par les Grecs. La scolastique n'a été qu'un mélange confus de philosophie et de théologie.
Gassendi vit mieux que tout son siècle et que tous les précédents les défauts du péripatétisme. Jl tenta de ressusciter le système des atomes, il en retrancha les erreurs contraires à la religion, l'exposa dans un nouveau jour et avec ime sagacité singulière. Il y a lieu de regretter le temps qu'un si bon esprit employait à raisonner sur des principes aussi peu solides. Rien n'est plus sage que les réflexions de Descartes sur les mauvaises études qu'il avait faites et sur les erreurs des philosophes. Il n'en prit pas moins pour principes, dans son système du monde *, les notions vagues, les pures conjectures et les suppositions tout au plus probables qu'il avait blâmées chez les autres. Il a eu la gloire d'étouffer enfin le péri-
1. llisloire ancienne, 11. Tout ce voluaie est consacré à l'histoire de la philosophie aacieoae jusqu'à Epicure. On y trouve un certain nombre d'erreurs historiques qui viennent surtout de ce que l'auteur examine les doctrines de son point de vue métaphysique; mais il y a aussi bon nombre de choses exactes, de remarques ingénieuses et justes. Il condamne peal-rlre à tort certaines doctrines, on ne peut pas dire qu'il les ignore. 11 suit Brucker, que quelquefois d'ailleurs il rectifie houreusement.
2. Il y a deux choses à distinguer dans le système cartésien du monde: une explication mécanique de l'univers et une théorie des tourbillons. Cette dernière partie n'est plus guère défendue de nos jours; le mécanisme universel est, au contraire, en grande estime auprès des savants. Voyez Huxley.