SA PHILOSOPHIE LUI
patétisme, et ses erreurs étaient un pas vers la vérité, La vraie philosophie prit alors naissance : on sentit le besoin d'observer, on reconnut qu'on ne peut pénétrer dans la nature qu'en suivant les phénomènes. Dès la naissance des sociétés, les hommes avaient été obligés d'observer; mais lorsqu'ils eurent les connaissances qui leur étaient à peu près nécessaires, ils livrèrent le monde aux philosophes qui se flattèrent de tout découvrir en imaginant. La chimie et l'astronomie sont les seules parties de la physique qui aient toujours été cultivées avec succès, les magiciens et les astrologues ayant besoin d'en faire quelque étude pour pouvoir abuser de la crédulité des peuples*. L'astronomie moderne est née en Allemagne avecPeurbach et Regiomontanus. Copernic fit des observations pendant trentesix ans pour vérifier l'hypothèse de la rotation de la terre autour du soleil, qu'il avait trouvée dans Gicéron et Plutarque. Galilée construisit un télescope qui augmentait environ- trente-trois fois la grosseur des objets; il aperçut sur la lune des montagnes beaucoup plus élevées qu'aucune des nôtres; il vit dans Orion plus de cinq cents étoiles et donna beaucoup de vraisemblance à l'opinion de ceux qui jugent la voie lactée formée d'une multitude d'étoiles; il découvrit les satellites de Jupiter, oJ)serva les phases de Vénus et découvrit des taches dans lo soleil. Toutes ces découvertes contribuèrent à justifier
1. Coadillac se raUache au mode d'explicatioa si cher au xviii« siècle; des fripons et des dupes, tels sont ceux qui à une époque quelconque sont adonnés à la superstition. Notre temps a montré un sens historique plus exact en faisant ressortir la bonne foi évidente de la plupart de ceux qui enseignaient pareille chose.