LA PSYCHOLOGIE LXIII
on en juge, l'attention qui réfléchit pour ainsi dire d'une chose sur une autre, d'une partie sur une partie, d'une qualité sur une qualité, prend le nom de réflexion. Si l'attention se porte sur le souvenir d'un objet absent et le représente comme présent; si elle se porte sur l'idée d'homme et sur l'idée de cent coudées, et qu'elle fasse des deux une seule idée, elle prend dans l'un et dans l'autre cas le nom d'imagination. Enfin si nous réunissons trois jugements tels que le troisième soit renfermé dans les deux premiers, nous formons un raisonnement. La réflexion, l'imagination et le raisonnement ne sont donc à leur tour que des sensations qui se transforment. Toutes ces facultés, attention, comparaison, jugement, réflexion, imagination, raisonnement, constituent les opérations de ['entendement.
De mf^me les opérations de la volonté ne sont que les transformations de la sensation considérée au point de vue affectif. Le besoin, avons-nous déjà dit, n'est que. rinquiéfude ou la souffrance qui résulte de la privation d'une chose qu'on croyait être nécessaire. Il dirige tous les sens et toutes les facultés de l'âme vers son objet, et cette direction n'est autre chose que le désir. Les désirs qui deviennent vifs et continus, c'est-à-dire qui dirigent avec force et continuellement nos facultés sur leur objet, prennent le nom dépassions. Juge-t-on que l'on obtiendra cet objet, Vespérance prend naissance. Si l'on croit enfin qu'on ne trouvera point d'obstacle, que rien ne pourra nous résister, la volonté apparaît. Dans un sens plus général la volonté désigne la faculté qui comprend toutes les opérations qui naissent du besoin : le désir, la passion, l'espérance et la volonté considérée comme