‹ Traité des sensations, première partieChapitre 57 sur 190 · LXIV CONDILLAC · texte numérisé non relu

LXIV CONDILLAC

un désir auquel nous ne devons point trouver d'obstacles.

L'entendement et la volonté constituent par leur réunion la faculté de penser. Sentir, être attentif, comparer, juger, réfléchir, imaginer, raisonner, se souvenir, éprouver un besoin, désirer, espérer, vouloir, c'est penser^.

La sensation en se transformant donne donc naissance à toutes les facultés intellectuelles et volontaires.

Demandons-nous maintenant quelles sont nos diverses sensations, ou plutôt ce que notre âme sent à l'occasion des impressions éprouvées par chacun de nos sens, considéré d'abord isolément, puis comme uni aux autres. C'est un des côtés les plus intéressants de la philosophie condillacienne d'avoir essayé de déterminer ce que chacun de nos sens nous fournit par lui-même, et par suite de l'éducation qu'il reçoit des autres sens.

L'odorat nous donne les odeurs; des sensations que nous fournit ce sens, comme de celles que nous fournirait chacun des autres, naîtraient toutes les opérations de l'àme. L'ouïe nous fait connaître les sons et les bruits*. Le goût nous fait connaître les saveurs ; la vue, les couleurs et la lumière. Elle nous fait connaître l'étendue, mais l'étendue qu'elle nous fait connaître n'est ni la surface ni une grandeur déterminée; elle ne nous donne ni la figure, ni le lieu, ni la situation, ni le mouvement '. Le toucher nous permet d'avoir le sentiment

1. On trouvera celte exposition .dans l'Extrait raisonné que nous avons reproduit en tête du Traité des Sensations; elle se trouve encore dans la Logique et dans la Grammaire.

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