‹ Traité des sensations, première partieChapitre 61 sur 190 · LXVIII CONDILLAC · texte numérisé non relu

LXVIII CONDILLAC

l'éducation de chacun d'eux, et qu'elle (;roit également primitives. Quelles sont les causes physiques qui produisent ces modifications ? Nous ne savons ni s'il y a des esprits animaux, ni si les nerfs sont l'organe du sentiment, ni quel est le tissu des fibres, ni quelle est la nature des solides et des fluides*. Nous savons seulement qu'il y a un mouvement qui est le principe de la végétation et de la sensibilité, que l'animal vit tant que ce mouvement subsiste, qu'il meurt dès que ce mouvement cesse. Le sommeil, une attaque d'apoplexie réduisent l'animal à la vie végétative : le sang circule en lui, les viscères et les glandes font les fonctions nécessaires pour entretenir et réparer les forces ; mais nous ignorons par quelles lois se fait ce mouvement. D'autres lois régissent l'animal quand il passe de la vie végétative à la vie sensible. L'œil s'ouvre à la lumière : les rayons qui le frappent font prendre au mouvement qui le faisait végéter les déterminations qui le rendent sensible. Les objets agissant sur les sens modifient le mouvement qui fait végéter l'animal et produisent ainsi le mouvement qui le rend sensible. Ce mouvement ne se fait pas seulement dans l'organe exposé à l'action des objets extérieurs, il se transmet encore jusqu'au cerveau, c'est-à-dire jusqu'à l'organe que l'observation démontre être le premier et le principal ressort du sentiment. La sensibilité a donc pour cause la communica-

1. Il ne faut pas oublier que l'anatomie et la physiologie cérébrales sont des créations postérieures àCundillac. Il suffit d'ouvrir Vlntelliijence de M. Taine ou les Maladies de la Mémoire, de la Volonté, de la Personnalité de .M. Ribot pour s'apercevoir des progrès réalisés depuis la lin du xvui« siècle.

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