LA PSYCHOLOGIE LXIX
ion qui est entre les organes et le cerveau. Il s'ensuit que nous ne sentons .qu'autant que nos organes touchent ou sont touchés. C'est par le contact que les ohjets, en agissant sur le^ organes, communiquent au mouvement qui fait végéter les déterminations qui rendent sensible. On peut donc considérer l'odorat, l'ouïe, la vue et le goût comme des extensions du tact. Mais si l'action des sens sur le cerveau rend l'animal sensible, il faut que le cerveau agisse sur les muscles et les organes intél'ieurs destinés à mouvoir chacun des membres ; il fauj que le plaisir ou la peine nous invitent à faire ou à éviter certains mouvements pour que les organes des sens contractent certaines habitudes, pour qu'ils se meuvent eux-mêmes et que l'âme n'ait plus besoin de veiller continuellement sur eux pour en régler les mouvements • .
Examinons maintenant, après avoir montré le point de départ et lés transformations successives de lélément primitif, les matériaux acquis successivement et les opérations par lesquelles l'âme les acquiert.
Le nom de sensation doit être seul appliqué aux sentiments qui se bornent à modifier l'âme. La douleujactuelle, les sensations actuelles de l'ouïe, du goût, de la vue et de l'odorat, lorsque le toucher n'a point encore fait leur éducation, ne sont pas des idées. Il n'y a de sensation actuelle que celle de solidité qui, à l'origine, est tout à la fois sentiment et idée, parce qu'elle modifie l'âme et a rapport à quelque chose d'extérieur. Les sensations actuelles des autres sens