‹ Traité des sensations, première partieChapitre 63 sur 190 · LXX CONDILLAC · texte numérisé non relu

LXX CONDILLAC

instruits par le toucher nous représentent les objets qui

nous environnent et sont des idées.

Chacune des sensations actuelles auxquelles on peut donner le nom d'idées, prise séparément, constitue une idée simple. L'idée complexe ou notion est formée par la réunion ou la collection de plusieurs perceptions ou idées simples'. On peut distinguer les idées simples des idées complexes de deux manières : nous n'avons point de mesure pour connaître l'excès d'une idée simple sur une autre, parce que nous ne pouvons les diviser ; nous connaissons, au contraire, la différence de deux idées complexes dans lesquelles nous avons réuni soit des perceptions uniformes en nombre différent, soit des perceptions simples différentes. En second lieu, l'esprit purement passif dans la production des idées simples est actif dans la génération des idées complexes.

Il convient de distinguer parmi les notions qui se forment de perceptions différentes, celles des substances et celles des êtres moraux, c'est-à-dire celles qui sont destinées à représenter les objets sensibles et celles qui constituent ces notions abstraites dont s'occupent les mathématiques, la morale et la métaphysique. Les premières doivent être faites sur le modèle des substances et ne représenter que les propriétés qui y sont renfermées.

1. Nous exposons cette divisiou d'après Y Extrait raisonné (p. 169) et surtout d'après l'Essai sur l'Origine des connaissances humaines, p. 157 et VArf de penser, c. xiii. Le fait que Condillac a reproduit dans ce dernier ouvrnge, écrit après le Traité des Sensations, ce qu'il avait dit sur ce sujet dans VEssai. nous prouve .que le Traité des Sensations nous offre sur ce point sa pensée, non modifiée par le progrès de sa réflexion, mais expiimée incomplètement, et en rapport seulement avec le but qu'il se proposait.

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