‹ Traité des sensations, première partieChapitre 64 sur 190 · LA PSYCHOLOGIE LXXI · texte numérisé non relu

LA PSYCHOLOGIE LXXI

Les secondes sont formées tout différemment. On ne peut attendre d'avoir vu des actions et des habitudes de toute espèce, pour s'en faire une notion. Nous sommes donc obligés de rassembler et de combiner sous un certain nombre de mots les idées simples dont elles peuvent se composer. Telles sont les notions de vertu, de vice, de courage, de gloire, etc., auxquelles une fois déterminées, nous comparons les actions particulières pour juger du caractère et de la conduite de chaque homme. Elles ont l'avantage d'être complètes, ne renfermant d'autres idées que celles que l'esprit a lui-même rassemblées ; ce sont des modèles fixes dont l'esprit peut acquérir une connaissance si parfaite qu'il ne lui restera plus rien à découvrir; en outre, tous les rapports qui sont en elles peuvent être aperçus : car, connaissant toutes les idées simples dont elles sont formées, nous en pouvons faire toutes les analyses possibles. Les notions des substances au contraire sont nécessairement incomplètes, puisque nous les rapportons à des modèles où nous pouvons tous les jours découvrir de nouvelles propriétés sans jamais cependant être capables d'en connaître la nature. Par cela même il nous est impossible de connaître tous les rapports qui sont entre deux substances'.

Toutes ces idées, simples ou complexes, sont singulières ou individuelles, parce que nous ne pouvons saisir avec les sens que des individus. On peut encore les appeler sensibles si on les considère comme produites par les objets qui agissent actuellement sur les sens*

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