LA PSYCHOLOGIE LXXV
Il y aurait lieu sans doute d'examiner la valeur de toutes ces affirmations. Un certain nombre d'entre elles ne manquent pas d'originalité et on peut dire qu'elles ont presque toujours été exposées fort peu fidèlement, quoiqu'elles aient été souvent combattues*. Qu'il nous suffise, pour le moment, de les avoir résumées aussi fidèlement que possible.
Nous reviendrons pour la même raison sur quelquesunes des opérations par lesquelles l'âme acquiert tout cet ensemble de connaissances. Ce sont les idées intellectuelles provenant de la mémoire qui forment, selon Condillac, le fonds de nos connaissances. De même qu'il avait recherché les causes* physiques de la sensibilité, il a recherché les causes physiques de la mémoire. Les organes des sens contractent des habitudes et se meuvent d'eux-mêmes sans que l'âme ait besoin de régler leurs mouvements. Les fibres du ceiveau propres par leur flexibilité à des mouvements de toute espèce, acquièrent comme les doigts l'habitude d'obéir à dillorentes suites de mouvements déterminés. Le cerveau acquiert ainsi la facilité de se mouvoir par lui-même, de la même manière qu'il a été mû par un objet et par
mais Condillac s'attache beaucoup plus dans ces différents passages à montrer comment la moralité commence qu'à montrer comment elle s'achève. C'est ce que n'a pas vu Robert (p. 150), qui trouve que Condillac s'est contredit sur cette question- 11 n'eût [)as fait cette objection, s'il eût rapproché ces passages du chapitre, vu du Traité des animaux.
1. On a cru souvent à tort qu'il suffisait de lire le Traité des Sensations pour connaître les doctrines de Condillac. On peut .s'assurer qu'il n'eu est nullement ainsi en lisant notre Introduction et quelques-unes des notes que nous avons ajoutées au bas des pages.