LA PSYCHOLOGIE LXXIX
On pourrait de même trouver un certain nombre d'observations intéressantes dans ce que dit Condillac des opérations de la volonté. On pourrait également faire à cette partie de ses doctrines un certain nombre d'objections \ Nous nous bornerons à dire quelques mots du libre arbitre et de la distinction entre l'homme et l'animal.
Dans le Traité des Sensations, a-t-on dit, on ne parle pas delà liberté; rien n'est plus naturel, car comment concilier sérieusement la liberté de l'àme avec une théorie qui ne voit dans la volonté qu'une transformation de la sensation'? Cependant Condillac a toujours défendu le libre arbitre. Dans le Traité des Systèmes, il critique Malebranche parce que, en suivant les comparaisons qu'il fait entre la matière et la pensée, il n'est pas possible d'expliquer pourquoi l'àme aurait plutôt que la matière le pouvoir de déterminer l'impression que Dieu lui donne ; il combat le fatalisme de Spinoza % qu'il appelle une nécessité aveugle. Dans le Traité des Sensations même, il expose comment la statue devient libre : Instruite par l'expérience, dit-il, des moyens qui peuvent soulager ou prévenir ses besoins, elle réfléchit sur les choix qu'elle a à faire. Elle examine les avantages et les inconvénients des objets qu'elle a jusqu'à
1. C'est ainsi qu'on lui a reproché d'avoir fait une seule faculté de la faculté qui comprend les inclinations et de celle qui veut; d'avoir considéré le plaisir et la douleur comme les faits primitifs qui produisent les inclinations; d'avoir confondu le désir et la volilion, etc. Voyez surtout Cousin. Condillac a suivi Malebranche, sur le premier point, Recfierche de la vérité, 1. 1,IV et V.