‹ Traité des sensations, première partieChapitre 76 sur 190 · LXXXII CONDILLAC · texte numérisé non relu

LXXXII CONDILLAC

instant vouloir et ne pas vouloir, se promener et ne pas se promener. Le choix entre ses actions est TefTet de la liberté, mais la statue est nécessairement voulant ou ne pas voulant, se promenant ou ne se promenant pas. De plus, l'exercice de la liberté suppose des connaissances : plus nous aurons de connaissances exactes, mieux nous userons de notre liberté. La liberté ne consiste pas dans des déterminations indépendantes de l'action des objets et des connaissances que nous avons acquises, mais dans des déterminations qui, en supposant que nous dépendons toujours par quelque endroit de l'action des objets, son t une suite des délibérations que nous avons faites ou que nous avons eu le pouvoir de faire.

Dans le Traité des Animaux, il revient encore sur ce sujet. Notre liberté, dit-il, renferme trois choses : 1» Quelque connaissance de ce que nous devons ou ne devons pas faire ; 2° la détermination de la volonté, mais une détermination qui soit à nous et qui ne soit pas l'effet d'une cause plus puissante ; 3° le pouvoir de faire ce que nous voulons*. Un peu plus loin, après avoir établi que l'entendement et la volonté sont deux termes abstraits qui partagent en deux classes les pensées ou les opérations de l'esprit, il remarque que, dans les bêtes, l'entendement et la volonté ne comprennent que les opérations dont l'âme se fait une habitude ; que les bêtes agissent comme nous sans répugnance, ce qui est déjà une condition du volontaire, mais qu'elles n'ont pas la réflexion, qu'elles ne sauraient par conséquent choisir, puisque le choix n'appartient qu'à la réflexion. Les cii-

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