‹ Traité des sensations, première partieChapitre 79 sur 190 · LA PSYCHOLOGIE LXXXV · texte numérisé non relu

LA PSYCHOLOGIE LXXXV

animaux d'une même espèce, organisés de la même manière, ayant les mêmes besoins, les satisfaisant par les mêmes moyens, ont en commun un même fonds d'idées : c'est par cette raison qu'ils ont un langage par lequel ils se demandent des secours et comprennent que leurs semblables en ont besoin. Les cris inarticulés et les actions du corps sont les signes de leurs pensées : (juelques-uns d'entre eux, dont la conformation extérieure se rapproche de la nôtre, qui ont quelques idées et quelques manières d'agir communes avec l'homme, acquièrent quelque intelligence du langage des sons articulés : le chien apprend à obéir à notre voix. Mais seul l'homme a le don de la parole. L'mstinct est un commencement de connaissance ', dont le degré varie suivant l'organisation des animaux, selon le nombre do sens et de besoins : c'est une habitude privée de la réflexion. Il ne remarque dans les objets qu'un petit nombre de propriétés, n'embrasse que des connaissances jiratiques, ne forme donc presque point d'abstractions et d'idées générales. L'homme réfléchit sur ses habitudes ; il a des signes, il est capable d'abstraction et de généralisation : seul il acquiert la connaissance de Dieu et des principes de la morale; seul il crée les sciences et les arts ; seul il est libre et peut modifier ses habitudes, parce que seul, grâce aux signes, il atteint ce degré supérieur de connaissance qu'on appelle la raison.

Ainsi à l'origine une âme capable de sentir et une organisation; plus tard, grâce à l'expérience, des besoins, des facultés, des idées et des mouvements qui

1. Voyez svir ce sujet les théories de Lamarck, de Darwin, de Spencer.

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