‹ Traité des sensations, première partieChapitre 8 sur 190 · VIII CONDILLAC · texte numérisé non relu

VIII CONDILLAC

avait rendu compte. Mais Condillac, en citant Berkeley, écrit toujours « Bardai », comme l'avait orthograpliiû Voltaire en ne tenant compte que de la prononciation. Il lut aussi Montaigne qui lui plaisait beaucoup à certains moments, mais qui lui paraissait quelquefois bien fatigant. Condillac, en effet, tout en soutenant que certaines connaissances étaient au-dessus de l'intelligence humain?, se montrait partout ailleurs très affirmatif; il devait peu goûter le scepticisme d'un homme dans les idées duquel n'apparaissait jamais cette liaison qui était pour le philosophe la marque d'un esprit vraiment supérieur. Quant à Bacon, il conçut pour lui l'admiration la plus vive; mais il ne le lut, nous dit-il, que quand il avait à peu près terminé YEssai sur VOrigine des connaissances humaines.

C'est vers cette époque que Condillac entra en relations suivies avec J.-J. Rousseau et Diderot. Il avait connu le premier chez son frère le grand prévôt de Lyon : « Je m'étais lié, dit Rousseau dans ses Confessions, avec l'abbé de Condillac qui n'était rien non plus que moi dans la littérature, mais qui était fait pour devenir ce qu'il est aujourd'hui. Je suis le premier, peut être, qui ai vu sa portée et qui l'ai estimé ce qu'il valait. Il paraissait aussi se plaire avec moi et, tandis qu'enfermé dans ma chambre rue J. -Saint-Denis, près l'Opéra, je faisais mon acte à' Hésiode, il venait quelquefois dîner avec moi tête à tète en pique-nique. Il travaillait alors à V Essai sur

las et de Philonous, publiés en 1713, traduits en 1750. 1 vol. in-12, Amsterdam. Enfin la Siris, publiée en 1744 fut traduite sous le titre : Recherches sur les vertus de Veau de goudron, en

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