‹ Traité des sensations, première partieChapitre 86 sur 190 · LA LOGIQUE XCIII · texte numérisé non relu

LA LOGIQUE XCIII

n'être fondée que sur des rapports de ressemblance, enfin elle est fondée sur le rapport à la fin. Deux hommes qui ont vécu isolés se rencontrent et disent l'un de l'autre : Il est sensible comme moi. Voilà le degré le plus faible d'analogie. Ils se meuvent et concluent qu'il y a dans chacun d'eux un principe sentant; ils remontent de l'effet à la cause. Ils voient l'un et l'autre dans leur semblable des mouvements relatifs à sa conservation : ils voient qu'ils sentent et se meuvent l'un et l'autre par les mêmes moyens; ils se font un langage d'action. L'analogie acquiert une certitude de plus en plus grande *.

Les conjectures et Tanalogie concourent avec l'évidence de fait et l'évidence de raison à nous faire découvrir des vérités nouvelles. C'est grâce à ce concours qu'on a ilécouvert le mouvement de lu terre, sa ligure, son orbite, etc.

L'Analyse.

L'analyse, disait Condillac dans son premier ouvrage, est le vrai et l'unique secret des découvertes *; c'est aussi la méthode dont on doit se servir pour exposer les découvertes qu'on a faites '. C'est là une doctrine à laquelle Condillac est resté fidèle toute sa vie. Il l'a reproduite à peu près dans tous ses ouvrages. Reprendre dans chaque genre et avec ordre toutes les idées qu'on doit se former,

1. Art de raisonner, livre JV, c. ii et m. Le Trailc des animaux est, dans la seconde partie, une application de l'emploi de l'analogie. Dans la Langue des calculs, Condillac donne au mot analogie un sens beaucoup plus étendu: c'est à elle que se réduit tout l'art de raisonner, comme tout l'art de parler (p. 7).

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