‹ Traité des sensations, première partieChapitre 87 sur 190 · lbid.,n,p · texte numérisé non relu

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XCIV CONDILLAG

les déterminer avec précision, les analyser avec exactitude, les comparer par toutes les faces que l'analyse y fait découvrir, ne comprendre dans ses jugements que les rapports qui résultent de ces comparaisons : tel est, nous dit-il lui même, le point de vue auquel il s'est placé pour composer le Cours d'Etudes^ le Traité des Sensations, et en général tous ses ouvrages '. L'analyse est l'unique méthode pour acquérir des connaissances, dit-il dans la Logique, c'est elle qui fait les esprits justes*.

L'éloge de l'analyse est presque toujours accompagné de la critique de la synthèse. C'est dans la synthèse, dit-il dans son premier ouvrage, que paraît surtout l'inutilité et l'abus des principes. C'est une méthode où il semble qu'il soit défendu à la vérité de paraître qu'elle n'ait été précédée d'un grand nombre de définitions, d'axiomes, et d'autres propositions prétendues fécondes. Ce n'est point à la méthode synthétique que les mathématiques doivent leur certitude, c'est à l'algèbre et à l'analyse. Les ouvrages de métaphysique, de morale et de théologie où l'on a voulu employer cette méthode, prouvent suffisamment qu'elle est imparfaite'. Le syllogisme, dit-il ailleurs, est le grand instrument de la synthèse; il fait consister le raisonnement dans la forme du discours, plutôt que dans le développement des idées; rien n'est plus frivole que cette méthode *. La synthèse, dit-il encore, est une mé-

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