LA LOGIQUE XCV
thode ténébreuse qui commence toujours par où il faut finir *.
Il semble aujourd'hui que ceux qui traitent la question de méthode s'accordent à montrer l'analyse et la synthèse comme les deux procédés qui, se complétant, peuvent par leur union seule nous conduire à la vérité. Condillac a-t-il donc enlevé à l'esprit humain un de ses moyens légitimes de connaître?
Voyons ce qu'il entend par l'analyse. L'analyse consiste à composer et à décomposer nos idées pour en faire différentes comparaisons, pour découvrir, par ce moyen, les rapports qu'elles ont entre elles et les nouvelles idées qu'elles peuvent produire *. Si vous vouliez, disait-il, dans ses Leçons préliminaires à l'infant de Parme, connaître l'intérieur d'une montre, vous la démonteriez ou la décomposeriez ; vous arrangeriez avec ordre toutes ses parties devant vous; vous examineriez séparément comment chacune est faite, comment lune agit sur l'autre, et comment le mouvement communiqué par un premier ressort passe de roue en roue jusqu'à l'aiguille qui marque les heures \ Cette décomposition et cette recomposition est ce que l'on nomme analyse. Pour connaître, dit-il dans un passage célèbre, les objets que contient une vaste campagne que nous avons entrevue un instant *, il en faut voir chaque partie l'une après l'autre, comparer les objets pour juger des rapports où ils sont, puis, après
ment, il n'est pas sans intérêt ensuite de tenir compte de la forme.