LA LOGIQUE XCIX
politique, dans la grammaire et dans l'économie politique, ilans l'histoire et dans la physique '. Sur l'emploi de l'analyse dans chacune de ces sciences, il y aurait beaucoup de choses utiles et ingénieuses à extraire des ouvrages de Condillac; on y trouverait aussi un certain nombre de vues contestables. Nous nous bornerons à résumer brièvement ce qu'il dit des sciences physiques. Il loue les physiciens et les chimistes qui s'attachent uniquement à recueillir des phénomènes, parce qu'ils ont reconnu qu'il faut embrasser les effets de la nature et en découvrir la dépendance naturelle avant de poser des principes qui les expliquent*. Les physiciens doivent on effet se borner à mettre en système les parties de la physique qui leur sont connues; leur unique objet doit être d'observer les phénomènes, d'en saisir l'enchaînement et de remonter jnstpi'à ceux dont plusieurs autres dépendent. Tout consiste à expliquer des faits par des faits. Si un seul fait ne suffit pas pour rendre raison de tous ceux qui sont analogues, il en faut employer deux, trois, ou davantage. On observera, par exemple, tous les effets que le mouvement peut produire dans l'étendue, tout en prenant garde d'entreprendre de déterminer ce qu'on appelle la force d'un corps ou de conclure qu'il n'y a que de l'étendue et du mouvement. A mesure que l'on recueillera des phénomènes, on les disposera dans un ordre où les premiers rendent raison des derniers: ils
1. M. Jaiiel, dans sou Traité éléiiienlaire, ramène l'analyse malhéuaatique et l'analyse des chimistes, la iiiélhode de régression et la méthode dedécompopilion à un seul et même procédé (p. 454).