‹ Traité des sensations, première partieChapitre 95 sur 190 · Art de raisonner · texte numérisé non relu

Art de raisonner

4. Sans doute il a été précédé par Bacon et il le reconnaît lui-même. Mais si personne ne conteste à Bacon la grandeur des vues et la splendeur des images et du style, personne non plus, ce semble, ne songe à lui accorder la précision et l'exactitude qui se trouvent manifestement chez Condillac.

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proposer la science moderne, et la méthode prudente et patiente qu'il lui convient de suivre pour atteindre ce but. Ne s'occuper que des phénomènes, chercher les lois qui les régissent ; essayer de faire rentrer les lois particulières dans des lois plus générales, celles-ci dans un petit nombre de lois ou même dans une seule loi plus générale encore ; ne pas chercher à déterminer la nature de la force ou de la cause qui produit le mouvement; mais ne pas conclure qu'il n'y a rien au delà de l'étendue et du mouvement, c'est là le rôle indiqué à la science par Condillac; c'est, on peut le dire, celui dans lequel se sont renfermés les savants modernes, héritiers do Lavoisier qui lui-même reconnaissait Condillac comme son maître.

La liaison des idées.

L'analyse est l'unique secret des découvertes, l'unique secret de l'analyse est la liaison des idées. La liaison des idées est un principe que Condillac a, dit-il, le premier découvert*. Il semble distinguer les associations d idées, qui varient comme l'esprit des poètes, comme l'esprit des peuples qui, ayant des usages, des mœurs et des caractères différents, ne sauraient s'accorder à associer toutes leurs idées de la même manière, et les liaisons d'idées qui, formées par la nature, sont assujetties aux mêmes lois dans toutes les langues et ne diffèrent qu'en ce qu'elles se traduisent par des signes différents*. Les liaisons d'idées sont volontaires ou bien elles sont le

1. Essai, II, 247; Art de penser, 243; Traité des animaux, 167.

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