LA LOGIQUE CIII
est légère, je découvrirai peu de chose; mais si je le considère par le côté qui a le plus de liaison avec les idées que je cherche, je découvrirai tout, l'analyse se fera presque sans effort. Mais comment saisir les idées par leur plus grande liaison ? L'Intelligence qui nous a créés nous a tout donné pour bien commencer; elle nous a donné des organes d'une conformation spéciale qui déterminent nos facultés et nos besoins. Un besoin pressant fait porter un jugement à l'enfant: il estaverfi, par le plaisir qu'il éprouve, de l'exactitude de son observation, A-t-il mal jugé, la douleur l'avertit de sa méprise et 1 invite à des observations plus exactes. Le plaisir et ia douleur sont nos premiers maîtres, et nous n'aurions pas besoin d\irt de raisonner s'il ne fallait juger que (les choses qtii se rapportent aux besoins de première nécessité. Les besoins tiennent les uns aux autres : leuis idées se lient les unes aux autres et forment comme une suite d'idées fondamentales qui pourraient être considérées chacune comme le commencement d'une des séries qui constituent nos connaissances. Les idées des choses qui se rapportent aux besoins se lient avec les perceptions des besoins et elles se lient entre elles.
On comprend que les groupes d'idées qui ont pour point (le départ une de ces idées fondamentales s'associent selon leur plus grande liaison, si l'on admet tout à la fois que Dieu nous a donné des organes qui déterminent nos besoins, et qu'il s'est proposé de nous conserver en nous permettant, par le sentiment du plaisir et de la douleur, de discerner ce qui est propre à la satisfaction des besoins, î^es choses agissent sur nous, et notre organisation nous prédispose à lier leurs idées d'une manière déterminée.