‹ Traité des signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 17 sur 83 · CESSATION DES FONCTIONS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

CESSATION DES FONCTIONS PULMONAIRES

Il est donc impossible d'attacher quelque im-» portance aux épreuves du miroir ou de la bougie placés devant la bouche, et du verre d'eau mis sur le cartilage de la dernière côte. Elles ne prouvent pas plus l'interruption des fonctions respiratoires que la cessation de la vie.

La respiration peut , dit-on , paraître avoir complètement cessé de s'accomplir, en raison du repos absolu des muscles respirateurs , sans que, pour cela, la suspension soit réelle et définitive , l'hématose continuant à s'opérer par un mouvement intérieur insensible. Cela est difficile à comprendre , mais il en doit être ainsi , et, dans l'asphyxie des nouveaux-nés, dans la syncope, dans la léthargie, etc., oii le repos apparent des muscles de la respiration n'a pas amené la mort , il faut que l'hématose se soit faite intérieurement , incomplètement si l'on veut; mais il faut qu'elle se soit accomplie, et cela, sans doute, à l'aide de mouvements respiratoires inappréciables. En effet, dans ces états morbides les battements du cœur se font entendre et entretiennent la vie, ce qui ne pourrait avoir lieu si le sang ne subissait pas l'influence de l'airdans les poumons. — Tout à l'heure nous disions : la mort du cœur entraîne celle des poumons et du cerveau; mais l'action est réci-

proque et la mort des poumons est aussi celle du cerveau et du cœur. Du moment où l'on perçoit les battements de cet organe , les mouvements respiratoires étant suspendus à l'extérieur, c'est qu'il y a au dedans des phénomènes capables de suppléer à cette absence apparente et de servir aux besoins de l'hématose. Voici d'ailleurs un fait de physiologie comparée qui semble appuyer ce que je viens de dire. La respiration des marmottes endormies devient insensible à 12° au-dessus de zéro, et reste inappréciable pour l'observateur pendant toute la durée de l'hibernage. Cependant la vie n'a pas cessé , l'hématose se fait encore assez pour entretenir les fonctions du cœur, et quoique la respiration paraisse anéantie au dehors , la fonction n'est pas suspendue , puisque les animaux périssent dès qu'on les transporte au milieu de gaz non respirables, l'acide carbonique par exemple.

Toutefois, pour exprimer toute notre pensée, nous dirons que, dans le cas de mort apparente chez l'homme, la suspension complète des phénomènes extérieurs de la respiration est très rare , si toutefois elle a été vraiment observée. Il en sera peut-être un jour des mouvements respiratoires comme des battements du cœur : on le§ trouvera dès qu'on voudra prendre la peine dç

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