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CESSATION DES FONCTIONS DU CERVEAU, 41T

les chercher. Pour moi, je n'ai encore pu constater leur entière disparition la vie persistant, et chez les animaux, la décroissance de la respiration m'a toujours paru suivre exactement la décroissance de l'activité du cœur , depuis le premier degré d'abaissement jusqu'à la cessation définitive.

3° Cessation des fonctions du cerveau.

II est assurément beaucoup plus difficile d'apprécier avec certitude le moment précis de la cessation des fonctions du cerveau, que le moment de la cessation des fonctions du cœur. S'il nous a été facile de prouver la mort de ce viscère par l'absence prolongée de ses battements, ii n'en sera pas de même pour le cerveau, dont les fonctions dynamiques sont restées jusqu'à présent impénétrables à tous nos moyens d'observation.

On ne peut juger de son repos définitif, et de sa mort, que par les troubles qui en résultent, mais nullement par l'absence de phénomènes mécaniques et de mouvements qui lui seraient particuliers.

Les signes immédiats de la cessation des fonctions cérébrales sont :

i^ Le défaut d'action des sens et des facultés

intellectuelles ;

2^ Le relâchement simultané de tous les sphincters j

3^ L'affaissement des yeux et leur obscurcissement à la suite de la formation d'une toile glaireuse sur la cornée lucide;

4° L'immobilité du corps ;

5® L'abaissement de la mâchoire inférieure ;

6° La flexion du pouce dans le creux de la main.

A, Défaut d'action des sens et des facultés intellectuelles.

Ces phénomènes , qui peuvent dépendre de la mort du cerveau, se rattachent également à certains troubles survenus dans les fonctions de cet organe. On les observe alors pendant la vie, comme symptômes de quelques maladies du système nerveux, et ils ne sauraient avoir aucune importance dans îe diagnostic de la mort.

La suspension momentanée de l'activité cérébrale et des facultés intellectuelles est un phénomène pathologique extrêmement commun. Il en est de même de la perte d'action des sens, de la vision , de l'ouïe, du toucher, etc. , que l'on observe dans une foule d'états morbides, la syncope, l'hystérie, quelques asphyxies, le sommeil , les inhalations stupéfiantes et anesthésiques, etc.

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L'abolition de la sensibilité cutanée a été surtout l'objet de recherches suivies avec soin, mais il a été impossible d'en faire un signe certain de la mort. Winslow, qui aurait voulu donner de l'importance à ce caractère, a été lui-même obligé de l'abandonner. Il reconnut que la sensibilité cutanée pouvait disparaître chez certains individus qui n'avaient de la mort que les apparences, et il vit bien qu'on serait souvent exposé à se tromper si l'on jugeait de la mort par ce phénomène. C'est alors qu'il dit en terminant sa tbèse : Ergo mortis incertœ signa non minus incerta à chirurgicis^ quam ah aliis experimentis. « Les épreuves chirurgiques ne donnent pas de signes plus certains d'une mort douteuse qne les autres épreuves.» Il entendait par épreuves chirurgiques les piqûres, les incisions, les brûlures et toutes les opérations qui avaient pour but de constater la paralysie cutanée, ce qui était pour lui un des moyens d'apprécier la réalité de la mort.

B. Relâchement simultané des sphincters.

Ce signe, qui n'a jamais été indiqué que fort légèrement, mérite cependant d'être pris en sérieuse considération. Il se rattache évidemment à

la cessation des fonctions du cerveau et il indique d'une manière certaine la mort de Tindividu. Ainsi, jamais on n'observera sur l'homme vivant le relâchement simultané des muscles sphincters du rectum, du vagin , de l'orbite et de la rétine. Il n'a lieu, en effet, qu'au moment de la mort. Un seul de ces muscles peut être relâché pendant la vie par suite d'une affection locale, le sphincter de l'anus dans certaines paraplégies, l'orbiculaire des paupières dans les paralysies de la face, l'iris dans la paralysie de la troisième paire ; mais je parle ici du caractère fourni par l'ensemble des troubles survenus au même instant dans tous les muscles sphincters. Or, je le répète, ce caractère est un excellent signe immédiat de la mort générale.

a. Dilatation du sphincter de Vanus, C'est à la fin de l'agonie, ou au plus tard quelques minutes après la mort, que le relâchement du sphincter de l'anus a lieu. On peut s'en assurer par le doigt qui pénètre dans le rectum très facilement, et sans éprouver de résistance comme à l'état naturel. Il suffit même d'y regarder pour voir l'ouverture anale béante, et dilatée chez les sujets amaigris, au point d'avoir un centimètre et demi de diamètre. Il y a en outre un phénomène

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bieu connu du vulgaire, quoique peu constant, qui témoigne de ce relâchement; c'est l'évacuation toute naturelle des matières contenues dans l'intestin. Les gardes-malades et les personnes qui ont assisté au spectacle de la mort, expriment ce phénomène en disant que le cadavre s'est vidé. Elles ont raison, car, en effet, le corps se vide, si l'on peut parler ainsi, à l'aide du mouvement péristaltique de l'intestin qui continue assez longtemps après la mort et qui pousse sans cesse vers l'anus des manières destinées à être retenues par les muscles soumis à l'empire de la volonté. Or, comme leur action est paralysée , il n'y a plus d'obstacle à !a sortie des matières qui s'échappent plus ou moins rapidement , quand elles s'échappent selon qu'elles sont plus ou moins liquides. Du reste, le relâchement du sphincter anal n'aurait aucune signification absolue, si on voulait le considérer comme un phénomène isolé. C'est, comme je l'ai dit, parce qu'on l'observe en même temps que le relâchement des autres sphincters, qu'il acquiert une valeur significative aux yeux du médecin.

b. Dilatation du sphincter de la vulve. Le relâchement du constricteur du vagin est assez difficile à apprécier dans l'espèce humaine, et je

doute qu'on puisse sûrement reconnaître sa paralysie. 11 n'en est pas de même chez certains animaux. Ainsi, sur deux juments qu'on venait d'abattre , le relâchement de ce muscle était si marqué , que l'ouverture de la vulve avait acquis des dimensions énormes. Elle était toute déformée, et les lèvres, flasques , pendantes et flétries, n'avaient plus aucun soutien que la fesse de l'animal, reposant sur le sol,

c. Sphincter de l'orbite. Le relâchement de l'orbiculaire des paupières et de Forbiculaire des lèvres se produit, le premier de très bonne heure, durant l'agonie, le second au moment même de la mort. Ainsi, à mesure que les sens se ferment aux impressions extérieures, les paupières se ferment à demi , et couvrent l'œil avant que l'iris se soit contracté pour empêcher les rayons lumineux d'exciter la rétine, et de communiquer au cerveau des impressions qu'il n'est plus en état de supporter. Les lèvres ne tombent qu'au moment de la mort, et c'est alors qu'elles contribuent à l'affaissementdes traits et à l'allongement du visage.

d. Relâchement du sphincter de la rétine. L'iris est un muscle singulier dont la physiologie est encore peu connue. Ses mouvements dépendent de quatre nerfs , la deuxième , la troisième , la

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Cinquième paire et le grand sympathique. C'est le sphincter de la rétine. Contrairement aux lois qui président à l'action de cette sorte de muscles, et qui les placent sous l'empire de la volonté, celui dont nous parlons lui échappe, et ses mouvements paraissent involontaireSc 11 ne serait cependant pas impossible, comme le professe M. Magendie, que la volonté eût sur lui une certaine influence, ce qui est assez difficile à démontrer. Toutefois, à l'exemple des autres muscles dont les mouvements sont volontaires, il se relâche à l'instant de la mort, ce qui détermine la dilatation si considérable de la pupille dont nous avons à parler. La pupille est la fenêtre de rame (Guérouît).

Je crus un instant avoir trouvé dans le fait de cette dilatation extrême de l'ouverture pupillaire au moment de la mort, chez l'homme et chez les animaux, un signe du diagnostic de la mort, aussi précieux que l'absence des battements du cœur, facile à constater pour tout le monde ; il me paraissait devoir acquérir une grande importance , mais je m'aperçus bientôt qu'il n'avait de valeur que comme signe immédiat de la mort, au moment même de l'accident, et qu'il disparaissait au bout de quelques heures. C'est un phénomène dont la présence vient ajouter à la signification du

relâchement général des autres muscles sphincters, mais il est impossible de le placer isolément, en première ligne, coip.me un indice certain de l'extinction des fonctions vitales.

La dilatation de la pupille, au moment de la mort, a été signalée par un grand nombre de physiologistes, mais il n'est encore personne qui en ait tiré parti pour éclairer le diagnostic de cetiîtat, s'il se présente quelque incertitude à son égard. La plupart de ceux qui, à l'exemple de Louis, ont examiné l'œil des mourants et des cadavres, n'y ont vu que l'affaissement de l'organe et le voile glaireux de la cornée dont il sera bientôt question. Les mouvements de la pupille, à cet instant suprême, n'ont pas été aperçus , et n'ont été l'objet d'aucunes recherches particulières. Cependant , comme on pourra le voir, il y a là dans ce petit champ d'observation , une multitude de particularités fort intéressantes, qu'il est très important de connaître. Nous en parlerons avec quelques détails.

Parmi les auteurs qui ont parlé de la dilatation de la pupille à l'instant de la mort , je dois citer Haller qui, dans ses éléments de physiologie, sur l'autorité d'aotrui , et d'après ses expériences, s'exprime de la manière la plus explicite à cet

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égard, Dilalatur etiarii in ipsa morte (1) et i! ajoute : Sialiquot a morte diebus pupilla iterum arctatur (2). Is effectus est exhalantis humoris aquei , atque adeo minoris spatii^ cui iris prœtenditur. Dans une publication antérieure, i! avait écrit, d'après Whytt, que la dilatation de la pupille n'était pas l'effet de ta contraction musculaire puisqu'elle persistait après la mort , et il terminait en disant : Nunc coram in fêle inter tormina excisa video, cui adèo patet pupilla ut iris penè nulla sit. [De partibus corporis hum, irritabilibus (3) . )

(1) Galen, De utile parthim, liv. X, caput 5.— Fabric, liv. III, c. 6. — Mery, p. 226. — Porterfield, t. II, p. 95. — Zinn, p. 102.

— Andreœ, De irritabil., p. SI, — Wliylt, Vital, mot., p. ifili,

— Expériences de Haller, n°» 203, 205, 210, 216, 218, 219.

(2) Andreae, loc. cit. — Zinn, p. iQ2. —^YhyU, Essais pfiy^ siologiqueSf traduit de l'anglais. Tliiebault, 1759, — Haller, Expériences, n* 205.

(3) Rien n'est plus vrai que cette expression. J'ai tué à coups de fusil plusieurs chats, qui, au moment du rut, attirés par une femelle, venaient ravager le jardin d'un de mes amis, et le remplir de leurs cris amoureux. J'en ai frappé quatre, et j'ai pu m'assurer : 1° de la cessation

immédiate des battements du cœur à l'auscultation; 2« de la dilatation si considérable de la pupille, que l'iris semblait avoir disparu, «î iris penè mdla siî. Il formait une zone demi-teinte de 1 millimètre autour de la noire ouverture pupilîsîre, qui avait acquis jusqu'à 8 millimètres de diamètre,

Robert Whytt, qui avait à cette époque une polémique engagée avec Haller, reproduit les mêmes faits et ne diffère que sur l'interprétation à leur donner. îl s'exprime ainsi : Les fibres longitudinales de l'uvée retirent les bords de l'iris par leur contractiiité naturelle , quand le muscle orbiculaire n'est pas excité à se contracter par l'action de la lumière sur la rétine. Par conséquent ^ à l'instant de la mort, l'œi! devenant insensible , la prunelle doit rester très large. Si elle devient ensuite plus étroite , c'est que les fibres longitudinales perdent leur ton , deviennent flasques et s'allongent (Wbytt. Essais physiologiques. Traduit par Tbiébault).

Les observations en restèrent là, elles ne furent même pas reproduites par les auteurs qui se sont occupés du même sujet. Bicbat ne dit que ces mots : Le mouvement de l'iris cesse à l'instant de la mort, et ne peut plus être mis en action d'aucune manière quelques instants après, comme l'irritabilité musculaire , sur le cadavre. L'ouverture de la pupille se trouve dans des dimensions très variables et qui dépendent de l'état de l'iris à l'instant de la mort. C'est là une double erreur, d'abord parce que l'iris est sensible aux courants galvaniques après la mort , et peut-être aussi encore à

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