AFFAISSEMENT DE LA CORXÉE
cherches les plus sérieuses. Constans est ohservatio , morientium oculos suum a^nittere splendorem (1). Ce fait était déjà antérieurement répandu dans le peuple de différents pays fort éloignés les uns des autres , ce qui témoigne fortement en sa faveur. Ainsi en Danemark, pays de Winslow, on disait : Les yeux sont crevés; fracti vulgo cUcuntur, comme le traduit Hailer ; à Metz , en apercevant la toile glaireuse , les femmes perdant tout espoir disaient: Tout est fini , le larmier est rompu (2).
Dans les derniers instants de la vie et au moment de la mort, les yeox perdent leur éclat, il se forme sur la cornée transparente une toile glaireuse très fine, qui se fend en plusieurs morceaux quand on y touche , et que l'on emporte par le plus léger frottement. Elle ternit quelquefois la cornée au point de faire presque disparaître la prunelle. Un peu plus tard, l'œil lui-même devient d'une flaccidité et d'une mollesse remarquables, ce II n'y a aucune maladie, aucune révo- » lution dans le corps qui soit capable d'opérer » un pareil changement. Ce signe est vraiment
(1) Recueil de thèses de Hailer, t. IV.
(2) Louis, Lettres sur la certitude des signes de la mort. Paris, 1753, in-12.
^ iO $IG.\ES IMMÉDIATS DE LA MORT.
» caractéristique, et j'ose le donner pour indubi- » table. » (Louis, p. i5ô). Pour cet auteur qui , privé des ressources de l'auscultation, n'avait aucun signe certain de la mort, celui dont nous parlons avait une importance extrême. «Tant que » le globe de l'œil conserve sa fermeté naturelle, » on ne peut pas prononcer que la personne est » morte, quelles que soient les autres marques » qui conduisent à le penser; l'affaissement des » yeux dispensera d'attendre la putréfaction. C'est » une observation que j'ai faite pendant plusieurs )^ années sur un très grand nombre de sujets d'âge » et de sexe différents , morts de maladies diffé- » rentes, et dans toutes les saisons de l'année. » (Louis).
Les observations que j'ai faites viennententièrement à l'appui des idées que le célèbre secrétaire de l'Académie de cbirurgie a fait connaître , et j'attribue encore plus d'importance que lui à la formation de la toile glaireuse delà cornée. —En effet, ce phénomène n'a lieu que dans l'agonie et peu après la mort. L'état de chassie des yeux, la sécrétion puriforme qu'on y observe dans certaines fièvres graves, dans quelques maladies des paupières et dans les affections aiguës des enfants qu'on a voulu rapprocher de cet état des