AFFAISSEMENT DE LA CORNÉE. M
yeux au moment de ia mort ne lui est nullement comparable. En effet, si, dans ces maladies, il se forme à la surface de l'œil des mucosités , de la chassie, comme chez les enfants malades, qui ont de la gourme, ce voile de mucus vient du bord libre des paupières, des glandes de Meibomius, et couvre la cornée d'une couche opaline puriforme, qui se distingue de la toile glaireuse, par son épaisseur et sa coloration.
Quant à la mollesse et à l'affaissement du globe oculaire, ce double phénomène, qui se produit à l'instant de la mort, et que l'on observe sur tous les cadavres, son importance est très grande, sa signification très positive. Il peut en certaines circonstances guider le physiologiste dans ses recherches. C'est même d'après ce seul caractère que dans les vivisections MM. Magendie et Bernard jugent souvent de la mort des animaux.
Il n'est pas un chirurgien qui ne sache combien l'opération de la cataracte sur le cadavre est difficile à cause de cet affaissement de l'œil, qui résiste au couteau et se déforme avant de se laisser pénétrer. Cette pression avec un instrument quelconque ou avec le doigt , change la forme de l'organe et l'aplatit de sorte que l'iris, également repoussé par la pression j se reforme , et il en ré-
suite un allongement de la pupille, tantôt dans un sens tantôt dans un autre, que M. Ripault de Dijon a justement considéré comme un signe de la mort (1).
On a dit que les yeux ainsi amollis et affaissés pouvaient reprendre leur fermeté première au bout de quelques jours • mais c'est là un fait qui aurait besoin d'être démontré par de nouvelles observations. M. Orfila le croit possible et Téxplique de la manière suivante: «Les yeux amollis » après la mort reprennent de la fermeté à cause » de l'accumulation du sang dans les cavités » droites du cœur, et de son refoulement vers les » veines de la tête, de la face et de l'œil, lorsque » l'estomac distendu par le gaz force le dia- )) phragme à remonter vers la partie supérieure. » M. Devergie, de même que M. Orfila, n'accorde aucune importance diagnostique au phénomène de l'affaissement des yeux, et le rapporte, lui, à la putréfaction, ce qui me paraît plus vraisemblable 5 mais de toutes manières, l'objection n'est pas sérieuse;
En eïkîj nous parlons d'un signe immédiat de
(1) Remarques sur divers phénomènes de la vie organique qui persistent -pendant quelque temps après la mort. Dijon , 1841 , in-8.